Ciao, amore, ciao
Fiche technique
- Sortie
- janvier 1967
- Référence
- BARCLAY - 60.790
- Paroles et musique
- Pierre Delanoë et Luigi Tenco
- Enregistrement
- en 1966
- Chant
- Dalida
- Orchestre
- Ruggero Cini
- Producteur
- Paolo Dossena
Au cœur de l’hiver 1967, l’histoire de la chanson Ciao, amore, ciao bascule dans le tragique, scellant à jamais le destin de ses interprètes. À l’origine, ce titre est né sous la plume de Luigi Tenco, un jeune auteur-compositeur-interprète débutant avec qui Dalida vit alors une intense relation passionnelle.

Dans sa toute première mouture, ce morceau s’intitule Li vidi tornare (« Je les ai vu revenir »). Tenco y replonge dans les traumatismes de son enfance, se rappelant ces très jeunes soldats de la Seconde Guerre mondiale marchant vers le front pour y mourir.
Il remodèlera ensuite son texte pour y intégrer les désillusions de l’Italie de son époque, celle des paysans quittant leur terre pour l’usine, avant de lui donner son nom définitif. Le soir du 26 janvier 1967, le couple monte sur la scène de la 17e édition du prestigieux Festival de la chanson de Sanremo, en Italie, pour y interpréter chacun leur tour Ciao, amore, ciao.
Habité par un profond sentiment d’illégitimité et une aversion pour cette exposition, Luigi Tenco ne croit pas en cette chanson et ne participe à l’événement que par amour pour Dalida. Épuisé et gagné par l’angoisse, il chante sous l’effet de l’alcool et des tranquillisants, livrant une prestation plus que poussive qui contrastera cruellement avec la maîtrise de Dalida, bien plus à l’aise sur scène.
Malgré la notoriété de Dalida et l’attente du public, le couperet tombe : tous deux sont éliminés dès le premier tour du concours. Quelques heures plus tard, Dalida retrouve Luigi Tenco sans vie, une balle dans la tête, dans sa chambre de l’Hôtel Savoy.
Le musicien laisse derrière lui un mot déchirant, écrit de sa main : « Je n’ai voulu que le bien au public italien et je lui ai consacré inutilement cinq ans de ma vie. Je fais ceci non parce que je suis fatigué de la vie (pas du tout), mais comme un acte de protestation contre un public qui envoie Io tu e le rose en finale et contre une commission qui sélectionne La rivoluzione. J’espère que cela servira à ouvrir des yeux… Ciao. Luigi. ».
Anéantie par cette disparition brutale, Dalida frôlera elle aussi la mort un mois plus tard, le 26 février.
Désespérée, elle tente de mettre fin à ses jours dans la chambre 401 de l’Hôtel Prince de Galles, à Paris, en absorbant une importante quantité de barbituriques. Elle survivra miraculeusement à ce geste de détresse.
Portée par ce destin hors du commun et magnifiée par une adaptation en français signée Pierre Delanoë, cette chanson dépasse largement les frontières italiennes.
En plus de sa langue d’origine et de la version française, Dalida enregistre le titre en allemand.
C’est un immense succès mondial, transformant ce cri de désespoir en un classique inoubliable de la chanson populaire.




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