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CHARLES TRENET

Y’a d’la joie

Le disque

Fiche technique

Sortie
1938
Référence
COLUMBIA - DF 2317
Paroles et musique
Charles Trenet et Michel Emer
Enregistrement
en janvier 1938
Chant
Charles Trenet
Les coulisses de : Y’a d’la joie

C’est en 1936 que le jeune Charles Trenet, alors âgé de 23 ans, compose l’un des plus immenses hymnes de la chanson française. Il est alors loin des scènes parisiennes et des studios d’enregistrement, puisqu’il effectue son service militaire au sein de l’École de formation des sous-officiers du personnel navigant d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône.

Incorporé en octobre 1936, il s’y livre à un profond ennui. C’est d’ailleurs un balai à la main, en train de nettoyer la cour de la caserne en tenue militaire, que lui vient l’inspiration de Y’a d’la joie.

Charles Trenet, en tenue militaire, dans la caserne d’Istres

Avant de porter l’uniforme, Charles Trenet s’était déjà fait remarquer aux côtés du pianiste Johnny Hess au sein du duo « Charles et Johnny ». Pourtant, lorsqu’il s’agit de confier son nouveau morceau à une grande vedette, le parcours s’avère semé d’embûches.

Maurice Chevalier, pressenti pour l’interpréter, se montre plus que réticent. L’artiste n’aime pas du tout certaines fantaisies du texte, comme le célèbre passage où « la Tour Eiffel part en balade », allant jusqu’à s’exclamer : « Il faut être fou pour écrire des trucs pareils ! » Cette audace poétique, qui tranche avec les codes traditionnels de l’époque, s’inscrit dans la lignée de l’esprit surréaliste de l’entre-deux-guerres.

Heureusement, l’éditeur Raoul Breton et la chanteuse Mistinguett — qui croit dur comme fer au talent de Charles Trenet — parviennent à faire changer d’avis Maurice Chevalier.

C’est ainsi que ce dernier interprète cette chanson sur la scène du Casino de Paris le 10 février 1937, avant de la reprendre dans le film de Julien Duvivier, L’Homme du jour, sorti en salle le 25 février 1937.

La vie militaire de Charles Trenet évolue peu à peu.

Dans le courant de l’année 1937, il parvient à se rapprocher de la capitale en étant muté à Villacoublay, dans les Yvelines.

En octobre de la même année, il est enfin libéré de ses obligations militaires.

Raoul Breton le prend immédiatement sous son aile et le fait engager au théâtre de l’ABC, situé boulevard Poissonnière à Paris.

C’est ici, en assurant la première partie de Lys Gauty, que Charles Trenet interprète pour la toute première fois sa chanson en public, en son propre nom.

Fort de cet accueil, Charles Trenet entre en studio en janvier 1938 pour fixer sa propre version sur disque.

Publié en face B du 78 tours incluant J’ai ta main, ce titre s’envole rapidement vers les sommets pour devenir un immense succès populaire, ancrant à jamais le « Fou chantant » au fronton de la patrimoine musical français.

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