A la porte du garage
Fiche technique
- Sortie
- 1955
- Référence
- COLUMBIA - ESRF 1079
- Paroles et musique
- Charles Trenet
- Enregistrement
- en 1954
- Chant
- Charles Trenet
- Orchestre
- Guy Luypaerts
Ouvrant la face B de ce 45 tours, À la porte du garage nous entraîne immédiatement dans l’une des plus grandes passions de Charles Trenet : l’automobile.
Le « Fou chantant » y célèbre plus particulièrement un modèle mythique, la Panhard et Levassor 1910 — une merveille mécanique appartenant à l’histoire des tout premiers véhicules français dotés de moteurs sans soupape, dont la commercialisation effective débute en 1911.

Grand amateur de belles cylindrées qu’il aimait brusquer avec une pointe de sportivité, Charles Trenet a possédé au cours de sa vie plus de vingt voitures, allant jusqu’à surnommer affectueusement sa dernière acquisition, une splendide Rolls-Royce, sa « dame blanche ».
Mais derrière cette apparente ode à la locomotion se cache une dimension bien plus intime.
En cette période où il demeure périlleux d’arborer publiquement son homosexualité, le chanteur signe ici un brillant pied de nez aux rumeurs qui entourent sa vie privée.
Sous le couvert d’un texte faussement badin où résonne le vers « Je t’attendrais à la porte du Garage », se dissimule en réalité un jeu de mots espiègle : « Je tâte André à la porte du Garage ».
Une manière subtile, pleine de connivence et de pudeur, de dédier une plage musicale à son amant de l’époque, un certain André.
Cette fantaisie poétique a traversé les décennies bien au-delà du cercle des mélomanes.
Pour preuve, la culture populaire s’en est amusée : en 1962, le célèbre cocker Bill, issu de la non moins fameuse bande dessinée Boule et Bill, fredonne à son tour les paroles de À la porte du garage, immortalisant un peu plus la fantaisie intemporelle de Charles Trenet.




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