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BARBARA

Göttingen

Le disque

Fiche technique

Sortie
1964
Référence
PHILIPS - 437.200 BE
Paroles et musique
Barbara
Enregistrement
en 1964 au Studio Blanqui à Paris
Chant et piano
Barbara
Accordéon
Joss Baselli
Saxophone
Michel Portal
Basse
Pierre Nicolas
Ingénieurs du son
Jacques Collard et J.-Claude Benard
Producteur
Claude Dejacques
Photographe
Liliane Jame
Les coulisses de : Göttingen

Au début de l’année 1964, Hans-Gunther Klein, alors directeur du Junges Theater de la ville allemande de Göttingen, assiste à une représentation de Barbara sur la scène du cabaret parisien L’Écluse. Saisi par la force et la singularité de son interprétation, il l’invite à venir se produire pour plusieurs dates dans son théâtre.

Pour la chanteuse, la proposition réveille d’emblée des failles intimes et douloureuses : durant la Seconde Guerre mondiale, elle a dû se cacher pour échapper aux persécutions nazies et éviter la déportation avec toute sa famille juive.

Après un moment d’hésitation légitime, elle finit pourtant par accepter de franchir le pas.

Le 4 juillet 1964, jour du tout premier concert, la tension est à son comble.

En arrivant dans la salle l’après-midi, Barbara découvre avec stupeur qu’un simple piano droit a été installé sur scène, à la place du piano à queue qu’elle avait expressément demandé.

Intransigeante avec son art, elle refuse net de chanter dans de telles conditions.

C’est alors qu’un étudiant de l’université de Göttingen, présent dans l’assistance, vole à son secours en lui livrant le piano à queue familial.

Bien que le récital commence avec deux heures de retard, l’instrument tant espéré est enfin là.

Le public allemand lui réserve une ovation poignante, une communion inattendue qui bouleverse profondément la artiste au point de prolonger son séjour en Allemagne d’une semaine entière.

Durant ces quelques jours à Göttingen, Barbara s’imprègne de l’atmosphère locale et découvre notamment la maison des frères Grimm, les célèbres auteurs des contes qui ont bercé son enfance.

Le tout dernier midi, assise sur une table du jardin du Junges Theater, elle griffonne les premières lignes de ce qui va devenir l’un de ses chefs-d’œuvre : Göttingen.

De retour à Paris, elle peaufine et termine l’écriture de la chanson, qu’elle conçoit d’emblée comme un vibrant hymne à la paix et à l’amitié franco-allemande.

Quelques jours plus tard, elle entre en studio pour enregistrer Göttingen.

Le succès du morceau dépasse les frontières artistiques pour s’ancrer durablement dans l’histoire des relations diplomatiques.

En 1967, elle retourne en studio pour enregistrer la version allemande de Göttingen à Hambourg, permettant ainsi au public de l’autre côté du Rhin de s’approprier ce texte de réconciliation.

Vingt-et-un ans plus tard, en 1988, la boucle est bouclée lorsque Barbara reçoit la Médaille d’honneur de la ville de Göttingen, couronnant ainsi son rôle d’ambassadrice de la mémoire et de la concorde.

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