Alexandrie Alexandra
Fiche technique
- Sortie
- 15 mars 1978
- Référence
- Disques Flèche – 49.352
- Paroles et musique
- Claude François, Étienne Roda-Gil et Jean-Pierre Bourtayre
- Enregistrement
- en octobre 1977 aux studios Trident de Londres et au Studio CBE à Paris
- Chant
- Claude François
- Arrangements
- Slim Pezin et Raymond Donnez
- Guitare rythmique
- Slim Pezin
- Cordes et cuivres
- Raymond Gimmenez et Raymond Donnez
- Ingénieur du son
- Bernard Estardy
C’est le 64e et ultime 45 tours de la carrière de Claude François. L’histoire de Alexandrie Alexandra commence de manière inattendue le 9 octobre 1977.
Ce jour-là, le chanteur et compositeur américain Lamont Dozier est en France pour promouvoir son nouvel album. Il participe à l’émission télévisée Musique and Music présentée par Jacques Martin sur Antenne 2, l’occasion pour lui de partager un duo avec « Cloclo ».
Claude François invite Lamont Dozier alors à dîner chez lui, au Moulin de Dannemois dans l’Essonne, afin de le présenter à son complice de toujours, le compositeur Jean-Pierre Bourtayre. Pendant tout le repas, les trois hommes refont le monde en musique avant que Claude François ne convie Lamont Dozier à s’installer au piano.
L’Américain improvise alors sous leurs yeux l’introduction de sa composition Going Back to My Roots — un morceau qui sera popularisé un peu plus tard, en 1981, par le groupe Odyssey. Cette simple ligne mélodique fait l’effet d’une étincelle et apporte à Claude François la structure musicale d’Alexandrie Alexandra.
Dès septembre 1977, la machine est lancée.
Jean-Pierre Bourtayre s’associe à Étienne Roda-Gil pour façonner ce titre taillé pour les sommets.
Rédigeant d’une traite en moins de deux heures chez lui, Étienne Roda-Gil trouve l’inspiration dans la jeunesse égyptienne de Claude François ainsi que dans le parcours de son père, Aimé François.
Pourtant, la collaboration n’était pas gagnée d’avance : réticent à l’idée de travailler pour la star, Étienne Roda-Gil a finalement cédé grâce à l’insistance persuasive de Jean-Pierre Bourtayre.
En fin de parcours, fidèle à ses habitudes de contrôle total, Claude François ajoute une virgule et modifie deux mots au texte afin de s’attribuer le statut de co-auteur et de percevoir les redevances associées.

Les orchestrations et les chœurs sont confiés aux studios Trident à Londres, sous la houlette des arrangeurs Raymond Gimmenez et Raymond Donnez pour les cordes et les cuivres.

C’est d’ailleurs durant ces sessions londoniennes que les choristes improvisent spontanément le fameux cri de ralliement « Barracuda ».
Pour l’anecdote, le barracuda est un redoutable prédateur marin pouvant atteindre 2 mètres de long pour 50 kilos, peuplant les eaux tropicales et subtropicales du globe.
Le 9 février 1978, le mixage final de la version 45 tours est bouclé par l’ingénieur du son Bernard Estardy aux célèbres studios CBE à Paris.
Le destin va pourtant basculer dans la tragédie.
Claude François s’éteint brutalement quelques jours à peine avant la mise en rayon de son disque.
Le drame survient dans l’après-midi du 11 mars 1978 à son domicile parisien du 46, boulevard Exelmans.
Perfectionniste maladif, le chanteur prend un bain lorsqu’il remarque une applique électrique murale légèrement de travers au-dessus de sa baignoire.
En voulant la redresser, ses doigts se collent au cuivre sous l’effet de fils partiellement dénudés, lui provoquant une fatale électrocution.
Par un funeste concours de circonstances, Claude François avait exigé que ce 45 tours sorte précisément le mercredi 15 mars 1978, date qui coïncide exactement avec celle de ses obsèques.
Le public répondra présent au-delà de toutes les espérances : Alexandrie Alexandras’écoule à plus de 1 600 000 exemplaires en l’espace de quatre mois à peine, s’installant confortablement à la première place des hit-parades durant six semaines consécutives.

Ce succès posthume s’accompagne d’une direction artistique soignée jusqu’à la dernière minute.
Il s’agit en effet de la toute dernière pochette de disque réalisée et signée par Claude François lui-même, qui l’aura fait refaire à deux reprises avant d’obtenir le rendu idéal.
Les collectionneurs et les passionnés savent qu’il existe d’ailleurs deux versions distinctes de la chanson : la plus courante, et une variante plus rare mettant en valeur la guitare électrique dès les premières mesures, une configuration sonore retenue pour le clip vidéo officiel.
Au-delà de l’Hexagone, ce 45 tours voyage et connaît des destins variés selon les territoires.
Il sort ainsi au Canada en reprenant le mixage de la version 33 tours plutôt que celui du format court français, et connaît des parutions spécifiques à Madagascar et en Belgique dotées de pochettes alternatives.




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