Mon Dieu
Fiche technique
- Sortie
- 1962
- Référence
- COLUMBIA - ESRF 1305
- Paroles et musique
- Michel Vaucaire et Charles Dumont
- Enregistrement
- le 12 décembre 1960
- Chant
- Édith Piaf
- Orchestre
- Robert Chauvigny
À l’automne 1960, la salle de l’Olympia de Paris s’apprête à accueillir Édith Piaf qui doit s’y produire pour une longue série de concerts, du 29 décembre 1960 au 6 avril 1961. Pour relever ce défi, le patron des lieux, Bruno Coquatrix, lui réclame impérativement des nouveautés.
Mais affaiblie et diminuée physiquement et psychiquement par la maladie ainsi que par les drames de sa vie privée — notamment le décès tragique de Marcel Cerdan —, Édith Piafdoute de ses forces. Pour l’aider, elle fait appel à son fidèle complice de l’époque, le compositeur Charles Dumont.
Le destin de Mon Dieu se joue au cœur d’une nuit parisienne. Le soir du 28 octobre 1960, les deux artistes se retrouvent au domicile de la chanteuse, situé au 67 bis boulevard Lannes, dans le 16e arrondissement de Paris.
Aux alentours de trois heures du matin, Charles Dumont s’installe au piano.
Il lui joue alors une mélodie qu’il a travaillé avec le parolier Michel Vaucaire.
À l’origine, ce titre s’intitulait Toulon, Le Havre, Anvers, une proposition qui avait essuyé un refus net de la part des Compagnons de la Chanson.
Si Édith Piaf est immédiatement séduite par la beauté de la musique, elle rejette en bloc le texte initial.
Qu’à cela ne tienne : malgré l’heure très avancée de la nuit, elle saisit son téléphone et réveille Michel Vaucaire.
Elle exige de lui qu’il réécrive entièrement les paroles, assorties d’un impératif catégorique : le tout doit être prêt pour 17 heures le jour même.
Le parolier s’exécute et passe le reste de la nuit à façonner une nouvelle partition verbale, plus intime et incantatoire, qui deviendra une véritable prière laïque.
Quelques semaines plus tard, le 12 décembre 1960, Édith Piaf entre en studio pour fixer Mon Dieu, à peine trois ans avant sa disparition survenue le 10 octobre 1963.
Avec des paroles signées Michel Vaucaire et une composition inoubliable de Charles Dumont, cette chanson s’imprègne instantanément de la ferveur tragique de son interprète, offrant au public l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la fin de la carrière d’Édith Piaf.




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