L’accordéoniste
Fiche technique
- Sortie
- 1940
- Référence
- POLYDOR - 524 669
- Paroles et musique
- Michel Emer
- Enregistrement
- en mai 1940 dans les Studios Technisonor à Paris
- Chant
- Édith Piaf
- Orchestre
- Wal-Berg Orchestra
- Accordéon
- Gustave-Joseph Viseur
Nous sommes en janvier 1940. Tandis que la France vit au rythme incertain de la drôle de guerre, un caporal de l’armée française, Michel Emer, rumine sa convalescence au lycée Lakanal de Sceaux, transformé pour l’occasion en hôpital militaire.
Pianiste de jazz et journaliste musical à la ville, ce créateur dans l’âme voue une admiration sans bornes à Édith Piaf.
Dans l’urgence d’une époque suspendue où il sait qu’il devra bientôt monter au front, il se met en tête d’écrire des chansons pour son idole, Édith Piaf.
Il compose alors un morceau sombre et bouleversant, initialement intitulé La fille de joie est triste, retraçant le destin tragique d’une prostituée éperdument amoureuse d’un modeste musicien.
Déterminé à confier son œuvre à la chanteuse avant son départ imminent sur le front, Michel Emer force le destin et parvient à la rencontrer en l’espace de trois petits jours.
Séduite et littéralement emballée par la mélodie,Édith Piaf tique toutefois sur le titre, qu’elle juge trop direct.
Dès le lendemain, l’artiste ose l’interpréter en public sur la scène du cabaret parisien L’Amiral, où le succès est immédiat.
En mai 1940, alors que l’Histoire s’apprête à basculer, Édith Piaf entre aux studios Technisonor à Paris pour graver définitivement ce morceau, rebaptisé L’accordéoniste.
Commercialisé en face B du 78 tours Escales, ce titre va marquer un tournant dans la carrière d’Édith Piaf.

Ce que l’on sait moins, c’est que la mélodie de cette chanson trouve sa source dans l’opéra lyrique : s’inspirant du célèbres chœur à bouche fermée, le Coro a bocca chiusa, qui conclut magnifiquement le deuxième acte de Madame Butterfly de Giacomo Puccini.

Née Édith Giovanna Gassion le 19 décembre 1915 à Paris, celle qui portera à bout de bras ce chef-d’œuvre s’éteindra des décennies plus tard, le 11 octobre 1963, à Plascassier, paisible village excentré rattaché à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, laissant derrière elle un patrimoine immortel.











