Cette année-là
Fiche technique
- Sortie
- juillet 1976
- Référence
- DISQUES FLÈCHE – 6061-872
- Paroles et musique
- Bob Gaudio et Eddy Marnay (adaptation française)
- Enregistrement
- en mai 1976 au Studio CBE à Paris
- Chant
- Claude François
- Orchestre
- Jean-Claude Petit
- Ingénieur du son
- Bernard Estardy
- Photographe
- Léonard de Raemy
Nous sommes un soir du printemps 1976. Il est près de minuit lorsque, dans les locaux du label Flèche situés au 122 boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement de Paris. Le patron des lieux, Claude François s’affaire activement en quête d’un dernier morceau pour boucler son futur album.
En fouillant dans le tiroir du bureau de son directeur artistique, Jean-Pierre Bourtayre, sa curiosité est attirée par un objet précis : un disque vinyle tout droit venu des États-Unis. Il s’agit du morceau December, 1963 (Oh, What a Night), interprété par le chanteur américain Frankie Valli et son groupe The Four Seasons. Sorti en décembre 1975, ce titre trône au sommet des charts américains l’année suivante.
Fidèle à son flair légendaire, Cloclo accroche immédiatement sur la musique. N’écoutant que son impulsivité et malgré l’heure tardive, il saisit son téléphone et appelle son complice et ami, le parolier Eddy Marnay.
Sa consigne est claire : il lui faut une adaptation française sur mesure, bâtie sur l’orchestration originale par le compositeur américain Bob Gaudio, claviériste et membre fondateur des Four Seasons. Sous la plume d’Eddy Marnay, le texte change d’époque et voyage dans le rétroviseur pour nous transporter non plus en décembre 1963, mais en 1962.
Le parolier parsème son refrain de clins d’œil mémorables à cette année 1962, évoquant tour à tour la disparition tragique de Marilyn Monroe ou encore le triomphe cinématographique du film West Side Story. Pourtant, une jolie faille historique se glisse dans le texte.
Au détour d’un couplet, ont peut entendre : « Dans le ciel passe une musique d’un oiseau qu’on appelait Spoutnik ». C’est la bourde !
Car le célèbre satellite soviétique a en réalité été placé sur orbite le 4 octobre 1957, et non en 1962. Premier engin spatial artificiel de l’histoire à quitter la Terre, il avait ouvert la voie à l’ère spatiale près d’une décennie plus tôt.
Fait amusant, cette bévue échappe totalement à la vigilance de l’équipe lors des sessions d’enregistrement. Ce 45 tours débarque dans les bacs au début du mois de juillet 1976, relégué dans un premier temps en face B d’un autre titre, La Solitude, c’est après.
Contre toute attente, le public et les radios boudent ce vinyle. Mais c’est mal connaître Claude François, peu habitué à s’embarrasser d’un échec.
Sans perdre une minute, il prend une décision radicale : il fait intervertir les faces du disque pour imposer Cette année-là en tant que face A, relançant ainsi le 45 tours en plein cœur de l’été 1976. Un coup de poker payant puisque cette chanson devient instantanément un immense tube populaire, s’écoulant à plus de 628 000 exemplaires et s’imposant durablement comme un incontournable des pistes de danse.
Fort de ce triomphe français, Claude François ne s’arrête pas en bon chemin. Toujours en 1976, il retourne en studio pour enregistrer une version italienne intitulée Quell’ anno la’, qui séduit à son tour le public transalpin et dépasse les 200 000 ventes.

La mélodie de Bob Gaudio traverse les décennies sans prendre une ride et continue d’inspirer les générations futures. En 2000, le rappeur et chanteur Yannick s’approprie le refrain pour en faire le sample principal de son tube Ces soirées-là.
Plus tard, en 2016, c’est au tour de M. Pokora de s’emparer du répertoire de l’idole des jeunes en reprenant le titre dans un album de reprises hommage à Claude François, paru le 21 octobre 2016.




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