Bienvenue sur Histoire Des Chansons. Des millions de chansons... Toutes leurs histoires et anecdotes par Fabrice Lafitte.
BEE GEES

Massachusetts

Le disque

Fiche technique

Sortie
19 septembre 1967
Référence
POLYDOR - 421 156
Paroles et musique
Barry Gibb et Robin Gibb
Enregistrement
entre les 9 et 17 août 1967 aux Studios IBC de Londres, en Angleterre
Chant
Robin Gibb
Orchestre
Bill Shepherd
Guitare et chœurs
Barry Gibb
Basse, piano, mellotron et chœurs
Maurice Gibb
Guitare
Vince Melouney
Batterie
Colin Petersen
Producteur
Robert Stigwood
Les coulisses de : Massachusetts

C’est en une seule nuit, au cœur de la métropole new-yorkaise, que Barry et Robin Gibb signent l’un des plus grands classiques de leur répertoire. En cette année 1967, alors que les Bee Gees enchaînent les étapes d’une tournée américaine éreintante, l’inspiration jaillit de manière insolite lors d’une excursion en bateau autour de Manhattan.

Dans leur suite du prestigieux hôtel St. Regis, les deux frères composent Massachusetts, une chanson appelée à marquer durablement l’histoire de la pop.

À cette époque, les États-Unis vibrent au rythme du flower power et de la contre-culture hippie, célébrés l’année précédente par l’hymne de Scott McKenzie, San Francisco. Les Bee Gees choisissent d’en signer l’exacte antithèse.

Dans leur esprit, leur titre raconte comment les lumières se sont définitivement éteintes dans le Massachusetts parce que l’ensemble de la population a déserté l’État pour converger vers San Francisco. Une ironie géographique savoureuse quand on sait que le trio australo-britannique n’avait alors jamais mis les pieds dans le Massachusetts, le septième et plus petit État des États-Unis.

Les auteurs s’amusaient d’ailleurs à relever qu’à cet instant précis, c’était le seul territoire américain à ne pas encore posséder sa propre chanson. L’histoire de ce chef-d’œuvre aurait pourtant pu prendre un tout autre tournant.

À l’origine, les frères Gibb destinent la mélodie au célèbre groupe folklorique australien The Seekers, avant de se raviser in extremis pour la conserver jalousement. Un clin d’œil du destin se produira d’ailleurs bien plus tard, en 2003, lorsque The Seekers enregistreront à leur tour leur propre version de Massachusetts, livrant un vibrant hommage à Maurice Gibb, disparu un peu plus tôt la même année.

De retour de tournée, l’enregistrement officiel se déroule entre le 9 et le 17 août 1967 dans l’effervescence des studios IBC de Londres.

C’est lors de ces sessions que se fige la magie mélancolique du morceau, magnifiée par les arrangements orchestraux de Bill Shepherd et la batterie de Colin Petersen, qui rejoint alors officiellement la formation.

Intitulé à l’origine Massachusetts (The lights went out in) — un intitulé qui sera abrégé pour des raisons pratiques par la suite —, ce 45 tours débarque dans les bacs le 19 septembre 1967.

Le succès est immédiat et fulgurant.

Ce single s’impose au sommet des hit-parades en Australie et au Royaume-Uni, marquant une grande première dans la carrière des Bee Gees.

Propulsé au rang de tube planétaire, il s’écoulera à plus de 5 millions d’exemplaires à travers le monde.

Quelques mois plus tard, en janvier 1968, ce morceau incontournable vient couronner la tracklist de Horizontal, le quatrième album studio du groupe, gravant à jamais ce mirage américain dans la légende de la musique pop.

À découvrir aussi

Quelques autres histoires de chansons à parcourir.