Le freak
Fiche technique
- Sortie
- 10 janvier 1978
- Référence
- ATLANTIC – 3519
- Chant
- Alfa Anderson
- Guitare et voix
- Nile Rodgers
- Basse et voix
- Bernard Edwards
- Piano et synthétiseur
- Robert Sabino
- Batterie
- Tony Thompson
- Percussions
- Sammy Figueroa
- Carillon tubulaire
- Jose Rossy
- Saxophone
- Alex Foster et Jean Fineberg
- Trompette
- Jon Faddis et Ellen Seeling
- Trombone
- Barry Rodgers
- Cordes frottées
- Marianne Carroll, Cheryl Hong et Karen Milne
- Ingénieurs du son
- Bob Clearmountain et Burt Szerlip
- Ingénieur du son adjoint
- Jeff Hendrickson
- Photographe
- Joel Brodsky
C’est lors d’une nuit glaciale du 31 janvier 1977 que tout bascule pour Nile Rodgers et Bernard Edwards. Les deux guitariste et bassiste, fondateurs du groupe de disco Chic, se voient refouler sans ménagement des portes du Studio 54, la discothèque la plus en vue de New York. Situé au 254 ouest de la 54e rue, dans le quartier de Broadway, ce temple de la nuit aménagé dans une ancienne salle d’opéra de 1927 — puis transformé un temps en studio de télévision de CBS — attire alors tout le gratin de l’époque.

Ce soir-là, les deux musiciens ont pourtant un rendez-vous important avec la chanteuse et mannequin Grace Jones, qui souhaite collaborer avec eux.

Malheureusement, Grace Jones a omis de laisser leurs noms au portier pour cette soirée de réveillon du Nouvel An. Vêtus de leurs plus beaux habits et de superbes chaussures pour lesquels ils ont cassé leur tirelire, les deux amis se retrouvent plantés dehors dans le froid, trempés dans la neige. Une humiliation mémorable.
Furieux, Nile Rodgers et Bernard Edwards rentrent chez eux en trombe, attrapent leurs instruments et laissent exploser leur rancœur. Ils se mettent à chanter en chœur « Fuck off ! » — littéralement « va te faire foutre » — avant d’enchaîner par un « Aaaaahh, fuck off Studio 54 ! » qui, sous l’effet de l’improvisation, se métamorphose rapidement en « Aaaaahh, freak out ! ».

C’est alors que la petite amie belge de Nile Rodgers intervient et trouve la formule magique qui fera basculer ce morceau dans la légende : « Freak out! Le freak, c’est chic! » Un clin d’œil ironique et vengeur qui n’empêchera d’ailleurs pas le Studio 54 d’être tout de même mentionné plus tard dans le dernier couplet de la chanson : « Come on down to 54 ».
Avec une rythmique implacable où l’on retrouve Tony Thompson à la batterie, ainsi que les arrangements de cordes de Marianne Carroll, Cheryl Hong et Karen Milne, sans oublier le carillon tubulaire de Jose Rossy et le travail de l’ingénieur du son Jeff Hendrickson, Le freak devient un énorme tube disco.
L’interprétation vocale est sublimée par Alfa Anderson.

Cette dernière, après la dissolution de Chic, poursuivra une brillante carrière de choriste pour Luther Vandross, tout en posant sa voix sur les albums de légendes telles que Bryan Adams, Gregory Hines, Mick Jagger, Teddy Pendergrass, Jennifer Holliday, Billy Squier, Sheena Easton, Jody Watley, Bryan Ferry ou encore Jonathan Butler, avant de nous quitter le 17 décembre 2024 à l’âge de 78 ans.
Sorti le 10 janvier 1978 — après que le duo ait déjà connu le succès avec le tube Dance, Dance, Dance (Yowsah, Yowsah, Yowsah) —, Le Freak s’écoule à plus de 7 millions d’exemplaires. Il s’empare de la première place des hit-parades aux États-Unis, en Afrique du Sud, en Australie, au Canada et en Nouvelle-Zélande, et décroche la position de numéro 2 en Belgique, en France, en Italie, aux Pays-Bas et en Suisse. Son succès est tel que la maison de disques est contrainte de freiner volontairement la distribution et les ventes du 45 tours pour s’assurer que l’album C’est chic, publié le 11 août 1978, puisse s’écouler tout aussi brillamment. Pour l’anecdote, Nile Rodgers et Bernard Edwards ne travailleront finalement jamais avec Grace Jones.




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