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VANESSA PARADIS

Joe le taxi

Le disque

Fiche technique

Sortie
27 avril 1987
Référence
POLYDOR - 885 765-7
Paroles et musique
Étienne Roda-Gil (1941/2004) et Franck Langolff (1948/2006)
Enregistrement
en 1987 au Local Studio à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine
Chant
Vanessa Paradis
Basse, claviers et synthétiseur
Christophe Josse
Saxophone
Patrick Bourgoin
Guitare et harmonica
Franck Langolff
Percussions
Patrick Rousseau
Chœurs
Daniel Adjadj et Ann Calvert
Ingénieurs du son
Bertrand Châtenet
Producteur
Franck Langolff
Photographe
Vincent Warin
Les coulisses de : Joe le taxi

C’est une silhouette fragile, d’une jeune fille de tout juste 14 ans, qui s’avance un jour de 1987 avec une voix timide, presque inaudible, Vanessa Paradis.

Le parolier Étienne Roda-Gil n’accepte d’écrire pour Vanessa Paradis qu’à une condition : qu’elle décroche son brevet des collèges.

L’histoire de Joe le taxi, plonge directement dans le Paris de la fin des années 80. Ce titre évoque un chauffeur sillonnant la capitale, mais dans la réalité se cache derrière un visage précis : celui de Maria-Josée Leao Dos Santos.

Fin 1986, le compositeur Franck Langolff et le parolier Étienne Roda-Gil montent à bord de son Opel Ascona blanche. Figure incontournable du milieu lesbien parisien et des nuits de Pigalle, cette femme d’origine portugaise se fait appeler Joe.

Au fil du trajet, elle confie son parcours au parolier, tombé sous le charme de sa forte personnalité. Devenue taxi de nuit à la suite d’un chagrin d’amour provoqué par une rupture avec une prostituée, Joe a pris l’habitude de convoyer la crème du Tout-Paris à la sortie des boîtes de nuit.

Séduit, Étienne Roda-Gil lui demande la permission de raconter sa vie en chanson. Flattée, Joe accepte.

Ce 45 tours débarque dans les bacs le 27 avril 1987. Le succès est fulgurant.

Le 11 juillet, Joe le taxi fait son entrée au Top 50 d’Europe 1, s’emparant de la première place dès le début du mois d’août pour y régner durant onze semaines consécutives. Cette chanson tourne à plein régime, passant jusqu’à 450 fois par semaine sur toutes les ondes françaises.

Les chiffres donnent le tournis : 1 300 000 exemplaires vendus en France, couronnés d’un disque de platine, et 3 200 000 copies écoulées à travers le monde. Nommée aux Victoires de la Musique en 1987 dans la catégorie de la chanson de l’année, la jeune chanteuse voit son tube s’exporter hors de l’Hexagone.

Dès le printemps 1987, la Belgique, la Suisse et Israël succombent et placent le single au sommet de leurs charts. En septembre, l’Allemagne et les Pays-Bas emboîtent le pas, suivis en novembre par la Suède, la Norvège et le Danemark.

Au printemps 1988, c’est au tour de l’Amérique du Sud (Argentine, Colombie, Brésil), de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal, du Japon et de l’Australie de découvrir le phénomène. Une version en espagnol, intitulée Joe el taxi, est même enregistrée pour conquérir les radios locales.

Seuls les États-Unis résisteront : lorsque le single y arrive en mars 1989, le succès n’est pas au rendez-vous, Vanessa ayant interrompu toute promotion américaine pour se consacrer au tournage de son premier film, Noce blanche. Pourtant, cette ascension fulgurante n’a pas été un long fleuve tranquille.

En janvier 1988, lors du Midem, l’adolescente subit la violence du métier en se faisant huer par la salle entière en plein direct.

Plongée dans une profonde détresse, Vanessa sombre peu à peu dans une dépression qui lui donne des envies de tout arrêter.

Seul le raz-de-marée mondial de Joe le taxi la convaincra finalement de persévérer et de continuer ce métier.

Des décennies plus tard, le destin de la muse de la chanson s’est assombri : Maria-José, alias Joe, s’est éteinte le 3 mars 2019 à l’âge de 64 ans, après un long combat contre le cancer.

Elle a été inhumée au Portugal, emportant avec elle une part de la légende des nuits parisiennes.

Loin d’arriver de nulle part, cette exposition médiatique s’enracinait déjà dans les jeunes années de l’artiste.

C’est en effet six ans plus tôt, le 3 mai 1981, qu’une toute jeune Vanessa Paradis, âgée de seulement 9 ans, était apparue pour la première fois à la télévision française.

Elle s’était présentée dans L’École des fans, l’émission culte de Jacques Martin, pour y interpréter Émilie Jolie sous les yeux bienveillants de son auteur, Philippe Chatel.

Deux ans plus tard, en 1983, elle enregistrait La Magie des surprises parties, un titre signé par Les Forbans pour le compte d’AB Disques.

Une période d’apprentissage qui comprenait aussi une tentative remarquée à l’Eurovision de la chanson pour les enfants à Turin, en Italie… soldée, il faut bien le reconnaître, par un véritable flop.

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