Blinded by the light
Fiche technique
- Sortie
- février 1973
- Référence
- COLUMBIA - 4-45805
- Paroles et musique
- Bruce Springsteen
- Enregistrement
- le 11 septembre 1972 aux 914 Sound Studios, Blauvelt, aux États-Unis
- Chant, guitare et basse
- Bruce Springsteen
- Saxophone et choeurs
- Clarence Clémons
- Piano
- Harold Wheeler
- Batterie
- Vini López
- Ingénieur du son
- Louis Lahav et Larry Alexander
- Producteurs
- Jim Cretecos et Mike Appel
À la fin de l’été 1972, Clive Davis, le président du label Columbia, écoute les maquettes que Bruce Springsteen lui soumet pour son tout premier album, Greetings from Asbury Park, N.J., dont la sortie est alors programmée pour le 5 janvier 1973. Malgré la richesse du matériel, le verdict tombe : il manque un titre fort, un morceau phare capable de porter commercialement le disque.
Clive Davis demande donc au jeune auteur-compositeur de se remettre immédiatement à l’ouvrage. Aussitôt, Bruce Springsteen se met au travail.
Pour corser son écriture et multiplier les associations d’idées surprenantes, il s’arme d’un dictionnaire de rimes.
Dans les paroles qui prennent forme sous sa plume, il livre une radiographie de sa propre vie : celle d’un jeune musicien de province littéralement aveuglé par la lumière et la promesse de la gloire.
Chaque ligne regorge de clins d’œil autobiographiques.
L’expression « Madman drummers » rend hommage à son batteur Vini López, affectueusement surnommé « Mad Man », tandis que les « indiens de l’été » (« In the summer ») font référence à son équipe de baseball favorite lorsqu’il vivait à Freehold, une bourgade située au centre de l’État du New Jersey.
Côté mélodie, le Boss s’inspire assez largement de la démo de Henry Boy, enregistrée plus tôt, en 1972, dans un studio new-yorkais.
C’est ainsi que naît Blinded by the light, publié en 45 tours au mois de février 1973.
La maison de disques est pourtant lucide : à cette date précise, ce titre n’a pratiquement aucune chance de percer ou d’intégrer le prestigieux Top 40 américain, et la sauce ne prend guère auprès du grand public.
Le destin de cette chanson bascule radicalement en 1976, lorsqu’elle est redécouverte et popularisée par le groupe londonien Manfred Mann’s Earth Band.
Pour leur reprise, le chanteur Chris Hamlet Thompson et le groupe modifient légèrement le texte — transformant notamment la célèbre formule originelle de Bruce Springsteen et modifiant subtilement la portée des paroles.
Pari gagnant : portée par cette relecture rock, cette chanson s’envole dans les charts et se classe en tête des classements musicaux américains au tournant de l’hiver 1976-1977, offrant enfin à l’œuvre de Bruce Springsteen la lumière internationale qu’elle méritait.




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