Born in the U.S.A.
Fiche technique
- Sortie
- 30 octobre 1984
- Référence
- CBS - A-4920
- Paroles et musique
- Bruce Springsteen
- Enregistrement
- en mai 1982 au Studio Power Station de New York, aux États-Unis
- Chant et guitare
- Bruce Springsteen
- Guitare
- Steven Van Zandt
- Basse
- Garry Tallent
- Claviers
- Roy Bittan
- Piano
- Danny Federici
- Batterie
- Max Weinberg
- Maracas
- Clarence Clemons
- Ingénieur du son
- Toby Scott
- Producteurs
- Bruce Springsteen, Chuck Plotkin, Jon Landau et Steve Van Zandt
- Photographe
- Annie Leibovitz
Au début de l’année 1981, Bruce Springsteen écrit une chanson poignante sur un soldat américain de retour de la guerre du Viêt Nam (1955-1975), rejeté par ses concitoyens. Ce texte met en lumière un véritable traumatisme pour beaucoup d’entre eux, meurtris par des troubles de stress post-traumatique et de lourdes maladies psychologiques.
Cet hymne sombre est d’abord un vibrant hommage à son ami Bart Haynes, le batteur de son premier groupe The Castiles, mort au Vietnam en 1967.
L’écriture s’alimente également de sa rencontre marquante avec l’ancien vétéran et militant pacifiste Ron Kovic, cloué dans un fauteuil roulant depuis son retour du front.
À cette époque, ce morceau s’appelle simplement Vietnam et doit figurer sur la bande originale d’un film que le réalisateur Paul Schrader envisage de tourner, avec Bruce Springsteen lui-même dans le rôle principal.
Le nom de ce long métrage est alors Born In The USA.
Finalement, ce projet cinématographique ne voit jamais le jour.
Qu’à cela ne tienne : Bruce Springsteen décide de conserver sa composition, en modifie le titre et enregistre une première version démo, armé de sa seule guitare acoustique, le 3 janvier 1982 dans le home studio de son domicile du New Jersey, accompagné d’une bonne dose de réverbération.
Une mouture initiale encore très éloignée de celle que l’on connaît aujourd’hui.
Bien décidé à aller au bout de son idée, le Boss souhaite inclure Born in the U.S.A. dans Nebraska, son sixième album studio, qui sort le 30 septembre 1982.
Entre-temps, il a retravaillé le morceau avec ses fidèles musiciens du E Street Band — où l’on croise notamment Clarence Clemons aux maracas.
Mais son producteur de toujours, Jon Landau, estime que ce titre ne colle pas à l’ambiance ténébreuse et acoustique du disque.
Têtu, Bruce Springsteen croit dur comme fer en sa chanson.
Il en modifie la ligne mélodique et, deux mois plus tard, en mai 1982, enregistre enfin une version électrique et définitive de Born in the U.S.A. au Studio Power Station de New York.
Notons que le mémorable solo de batterie vers la fin du morceau est entièrement improvisé en studio par le batteur Max Weinberg.
Ce morceau devient la pièce maîtresse du septième album de Bruce Springsteen, également baptisé Born in the U.S.A. et publié le 4 juin 1984.
Sorti le 30 octobre 1984 en tant que troisième single extrait de l’album, ce 45 tours s’impose rapidement comme le plus grand succès commercial de la carrière du « Boss ».
Paradoxe absolu de l’histoire du rock, ce réquisitoire antimilitariste et social sera détourné à maintes reprises par des personnalités politiques comme Ronald Reagan, George Bush ou encore Donald Trump, qui l’utiliseront pour leurs campagnes en le prenant à tort pour un simple chant patriotique exaltant la fierté américaine.




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