Tout doucement
Fiche technique
- Sortie
- 1985
- Référence
- CBS - CBS A6050
- Paroles et musique
- Béatrice Adjorkor Anyankor (Bibie) et Jean-Paul Dréau
- Enregistrement
- au Studio Musika à Paris
- Chant
- Bibie
- Arrangements
- Bernard Estardy
- Claviers
- Jean-Yves D'Angelo
- Guitare
- Ma0tsur Limak
- Producteur
- Jean-Paul Malek
- Photographe
- Stéphane De Bourgies
C’est en 1984 que le destin de Béatrice Adjorkor Anyankor bascule.
Alors qu’elle chante dans un grand hôtel au Ghana, elle est repérée par Guy Gluck, le responsable du label Warner pour le continent Africain.
Séduit par sa voix et son charisme, Guy Gluck lui lance un pari audacieux : tout quitter pour le suivre en France.
Née le 9 janvier 1957 à Accra, au Ghana, Béatrice Adjorkor Anyankor est fille de diplomate.
Au gré des mutations paternelles, elle a déjà vécu en Allemagne, en Grande-Bretagne, au Liban et au Sénégal.
Si son père la rêvait en médecin ou en avocate, la musique l’appelait irrésistiblement depuis qu’elle avait interprété Mary Poppins lors d’un spectacle de fin d’année dans une école anglaise, puis tenté sa chance, sans succès, à un télé-crochet ghanéen au début des années 1970 à l’insu de ses parents, avant un premier exil infructueux en Angleterre en 1972.
Débarquée à Paris, la future star ne parle pas un mot de français.
Lorsque Guy Gluck lui fait rencontrer le compositeur Jean-Paul Dréau pour donner naissance au titre Tout doucement, le défi est immense.
Pour enregistrer la maquette, Béatrice Adjorkor Anyankor doit apprendre le texte de façon purement phonétique, mot par mot, guidée par la seule musicalité des sonorités.
Mais le chemin du succès est loin d’être tracé : aucune maison de disques n’en veut.
Ce morceau est jugé trop long et bien trop mou pour les radios de l’époque.
Le salut vient finalement de Bernard Estardy, le magicien et propriétaire du Studio CBE à Paris.
C’est lui qui ajoute une dynamique salvatrice en raccourcissant la chanson et en y ajoutant ces percussions entêtantes qui imitent de subtils battements de cœur.
Le pari s’avère payant.
C’est à ce moment-là que Béatrice adopte le pseudonyme de Bibie, beaucoup plus percutant et facile à retenir pour le grand public.
Bien mémorable, le 45 tours s’envole : il se vend à plus de 1 180 000 exemplaires, décroche un Disque d’Or, fait une entrée remarquée dans le tout jeune Top 50 et s’impose comme l’incontournable tube de l’été 1985.
La machine est lancée, au point d’inspirer des adaptations internationales : Bibie enregistre elle-même une version anglaise intitulée Breaking My Heart, tandis que la grande Dalida s’empare du morceau pour une version italienne baptisée Semplicemente Cosi.
Le label Red Cat, distribué par CBS, accepte enfin de sortir ce disque.
Cette fulgurante réussite change radicalement la vie de la chanteuse.
Avec ses redevances, celle qui s’appelle désormais Bibie s’offre un manoir à Versigny, dans l’Aisne, niché sur les bords du ruisseau de Saint-Lambert.
C’est d’ailleurs dans cette commune qu’elle épouse Guy Gluck en 1985, avant que leur union ne s’achève par un divorce en 1990.
Mais le destin tragique frappe à sa porte lorsque sa propriété prend feu à trois reprises.
Profondément traumatisée par ces incendies à répétition, Bibie perd l’usage de sa voix et se retrouve incapable de chanter pendant dix longues années.
Aujourd’hui, l’interprète a tourné cette douloureuse page française pour retourner vivre au Ghana.
Elle y a trouvé une seconde vie et un nouvel épanouissement en se reconvertissant avec succès dans le cours de chant vocal, le coaching scénique et la thérapie vocale.




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