Les élucubrations d’Antoine
Fiche technique
- Sortie
- 16 janvier 1966
- Référence
- DISQUES VOGUE - EPL 8 417
- Paroles et musique
- Antoine
- Enregistrement
- en 1966 au Studio Vogue de Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis
- Chant et guitare
- Antoine
- Guitare
- Luis Rego
- Basse
- Jean Sarrus
- Batterie
- Donald Rieubon
- Percussions
- Gérard Rinaldi
- Producteur
- Christian Fechner
Tout commence un paisible dimanche matin de 1966. Dans sa chambre, Pierre Antoine Muraccioli, alias Antoine — né le 4 juin 1944 à Tamatave, à Madagascar —, allume sa radio.
L’appareil diffuse Perles de cristal, un morceau d’accordéon virtuose signé Yvette Horner. À tout juste dix-neuf ans, alors qu’il mène en parallèle des études d’ingénieur à l’École Centrale de Paris, le jeune homme est loin de se douter que cette écoute matinale va basculer dans l’histoire de la pop française.
Armé de sa guitare et inspiré par la vague contestataire folk qui souffle alors d’outre-Atlantique, Antoine écrit un brûlot décalé et irrévérencieux. Dans les paroles de sa chanson, il n’hésite pas à égratigner l’emblématique Yvette Horner, mais va plus loin encore en suggérant d’enfermer Johnny Hallyday dans une cage au cirque Medrano, situé alors au 63, boulevard de Rochechouart à Paris.
Soutenu par les musiciens des Problèmes — qui deviendront plus tard les célèbres Charlots —, le jeune étudiant accouche d’un OVNI musical, à la fois provocateur et irrésistiblement naïf. Porté par le label Disques Vogue, le 45 tours sort dans les bacs le 16 janvier 1966.
Le raz-de-marée est immédiat : dès le mois de mars 1966, ce disque s’arrache à plus de 200 000 exemplaires, propulsant instantanément Antoine vers la notoriété. Ce succès fulgurant, qui le conduira bientôt à délaisser définitivement ses équations d’ingénieur, s’accompagne d’une immense polémique.
En s’attaquant ouvertement à l’idole des jeunes, Antoine déclenche les foudres du clan Hallyday. Quelques semaines plus tard, Johnny lui répliquera du tac au tac avec la chanson Cheveux longs et idées courtes, scellant le point de départ d’une guerre médiatique mémorable entre les deux camps.
Loin de bouder ce vent de liberté, le public et même certaines figures tutélaires valident le phénomène. Le prestigieux Maurice Chevalier salue ainsi publiquement ce succès inattendu.
Il faut dire qu’Antoine cultive son personnage fantasque hors des studios. Cette même année 1966, l’apprenti rebelle s’offre le luxe d’arrêter en pleine rue un fourgon de police dans Paris.
Sans se démonter, il ouvre la porte, sort son harmonica et entonne Les élucubrations d’Antoine à l’attention des fonctionnaires médusés, qui finiront par chanter en chœur ce fameux « Oh Yeah » devenu mythique.




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