Aline
Fiche technique
- Sortie
- juillet 1965
- Référence
- DISC'AZ – 45 EG 790
- Paroles et musique
- Daniel Bevilacqua (Christophe)
- Enregistrement
- le 29 octobre 1965, entre 13h30 et 16h30, au Studio Europa Sonor à Paris
- Chant
- Christophe
- Orchestre
- Jacques Denjan
- Guitare et basse
- Francis Darizcuren
- Ingénieur du son
- Roger Roche
- Photographe
- Jean-Daniel Lorieux
- Producteur
- Jean Albertini
C’est la première chanson de la face A d’un 45 tours qui va marquer l’histoire de la variété française. Nous sommes en 1964.
Dans la maison de sa grand-mère située à Juvisy-sur-Orge, dans l’Essonne, un jeune musicien de dix-neuf ans, répondant au nom de Daniel Bevilacqua, gratte sa guitare. En un quart d’heure à peine, celui qui se fera connaître sous le pseudonyme de Christophe compose ce qui deviendra l’un des plus grands refrains de sa carrière.
Pourtant, le prénom immortalisé par ce tube ne s’est pas imposé d’emblée. Christophe baptise sa mélodie en pensant à la jeune femme qui partage sa vie à l’époque : Aline Natanovitch.
Le jour, elle exerce la profession d’assistante dentaire sur le boulevard du Montparnasse ; la nuit, elle veille sur les vestiaires de l’Orphéon Club, haut lieu des nuits du quartier Saint-Germain de Paris. Une romance de jeunesse immortalisée en 1965 par un reportage du magazine Paris Match, où le couple s’expose sous les objectifs.

Dans l’écriture, la réalité sentimentale se mêle d’ailleurs au trouble : en parallèle de sa liaison avec Aline, Christophe flirte avec Danièle, la meilleure amie de cette dernière. C’est précisément à elle qu’il songe en couchant sur le papier ces quelques mots : « son doux visage qui me souriait ».
Fraîchement pressé, le disque sous le bras, Christophe monte dans le Pas-de-Calais pour présenter sa création aux parents d’Aline. L’accueil est pour le moins glacial et l’avis parental loin d’être conquis.
Qu’importe : Christophe fait fi des réticences familiales. Aline s’impose rapidement comme le slow et le tube incontournable de l’été 1965.
La machine s’emballe et cette chanson s’empare de la tête des classements de ventes en France, en Espagne, en Belgique, en Israël, en Turquie et jusqu’au Brésil. Au total, ce 45 tours franchit le cap du million d’exemplaires vendus à travers le monde, dont plus de 400 000 rien qu’en France.
Ce triomphe n’est toutefois pas épargné par les turbulences. Le chanteur Jacky Moulière assigne Christophe en justice, l’accusant d’avoir plagié sa composition La Romance, sortie en 1963 et produite par Henri Salvador.
Les tribunaux donnent raison à Jacky Moulière, avant qu’un retournement de situation ne survienne en appel en 1977, où ce dernier est débouté. Une procédure qui trouvera finalement son épilogue dans un arrangement financier entre les deux artistes (aujourd’hui, Jacques « Jacky » Moulière coule ses jours à Knowlton, au Québec).
L’histoire d’Aline ne s’arrête pas là. Lors de sa réédition à l’été 1979, le disque bénéficie de la même version d’origine et s’offre une seconde jeunesse en s’installant à nouveau au sommet des hit-parades français, s’écoulant à un million d’exemplaires supplémentaires.
Au total, Aline s’est vendue à plus de 3,5 millions d’exemplaires.

Les destins des protagonistes de cette chanson se sont égrenés au fil des décennies.
Aline s’est éteinte en 2019 à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, à l’âge de 77 ans.
Quant à Christophe — né Daniel Bevilacqua le 13 octobre 1945 à Juvisy-sur-Orge —, il a rejoint les étoiles le 16 avril 2020 à Brest, dans le Finistère, où il avait été transféré depuis Paris après avoir été emporté par le Covid-19, laissant derrière lui une empreinte indélébile sur la chanson française.




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