Prisencólinensináinciúsol
Fiche technique
- Sortie
- 3 novembre 1972
- Référence
- CLAN CELENTANO - 2BF 70026
- Paroles et musique
- Adriano Celentano
- Enregistrement
- en 1972 en Italie
- Chant
- Adriano Celentano
- Arrangements et orchestre
- Detto Mariano
Né le 6 janvier 1938 à Milan, le charismatique Adriano Celentano a toujours aimé surprendre son public. Avec Prisencólinensináinciúsol, sorti dans les bacs le 3 novembre 1972, le « Molleggiato » signe l’un des objets les plus curieux et fascinants de l’histoire de la pop européenne.
À la base, cette chanson s’adresse pourtant frontalement au public italien, avant de s’offrir un destin bien plus large. Pour accoucher de cette ovni musical, tout commence dans le secret d’un studio d’enregistrement.
Celentano campe d’abord sur une simple boucle de batterie de quatre temps, minimaliste mais redoutable. Devant le micro, il s’empare de cette pulsation pour improviser une mélodie et une texture vocale totalement spontanées.
Une fois cette ossature fixée, il fait appel à un orchestre complet pour enrober l’ensemble et donner corps à la composition. Le plus troublant réside dans les paroles : Adriano Celentano chante dans une langue que strictement personne ne connaît.
Et pour cause, il s’agit de « yaourt », un pur charabia phonétique inventé de toutes pièces, à la seule exception de l’expression anglaise « all right » glissée au milieu du flot. Interrogé en 2012 sur cette démarche pour le moins atypique, l’artiste s’expliquait ainsi : « J’ai pensé à composer une chanson qui aurait pour seul thème l’incapacité de communiquer.
Et pour ce faire, il me fallait écrire une chanson dont les paroles ne veulent rien dire ». Porté par cette rythmique entêtante et ce phrasé scandé avant l’heure, le morceau est parfois rétrospectivement qualifié par les critiques de précurseur du rap ou du hip-hop, reposant sur un beat primitif et une urgence verbale inédite.
Pourtant, à sa sortie, la mayonnaise ne prend pas immédiatement : Prisencólinensináinciúsol ne décolle pas en Italie. En revanche, le titre trouve curieusement un écho inattendu et remporte un certain succès en France.
Au final, la curiosité portera les ventes à plus de 260 000 exemplaires de l’autre côté des Alpes, et à plus de 300 000 exemplaires dans l’Hexagone, immortalisant cette brillante radioscopie de l’incompréhension humaine.




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