Dieu est un fumeur de havanes
Fiche technique
- Sortie
- 1980
- Référence
- PHILIPS – 6010 291
- Paroles et musique
- Serge Gainsbourg
- Enregistrement
- aux Studios Ferber de Paris
- Chant
- Catherine Deneuve et Serge Gainsbourg
- Cuivres, cordes et claviers
- Don Ray
- Batterie
- Jean-Pierre Sabar
- Ingénieur du son
- Paul Scemama
- Assistant ingénieur du son
- Philippe Manin
- Producteur
- Serge Gainsbourg
- Photographe
- Bernard Prim
L’histoire de Dieu est un fumeur de havanes s’enracine dans une période charnière et tumultueuse pour Serge Gainsbourg. En cette année 1980, son moral est au plus bas : en plein mois d’août, Jane Birkin finit par le quitter, lassée par ses excès permanents.
C’est dans ce contexte de profonde déprime que le réalisateur Claude Berri lui tend la main, lui proposant de composer la bande originale de son prochain long-métrage, Je vous aime, et d’y interpréter un second rôle. Le tournage s’étale alors du 23 avril au 29 août 1980.

Autour de ce projet, les anecdotes vont bon train. Une rumeur tenace affirmera longtemps que certaines séquences du film ont été captées directement au 5 bis rue de Verneuil, à Paris, au domicile même de Serge Gainsbourg.
Une idée reçue balayée d’un revers de main par Catherine Deneuve dans un entretien accordé à Vanity Fair : « Non, rien n’a été tourné chez Gainsbourg. Il ne l’aurait pas autorisé : il était tellement maniaque ! » rappellera-t-elle.
Dans cette comédie dramatique sortie en salles le 17 décembre 1980 — et qui réunit un casting composé de Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Alain Souchon, Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve —, l’actrice incarne une parolière. Dieu est un fumeur de havanes est présenté comme l’une des œuvres écrites par son personnage.
Pour donner vie à cette partition, Serge Gainsbourg s’entoure d’une équipe de pointures : Don Ray signe les arrangements des cuivres, des cordes et des claviers, tandis que Philippe Manin officie comme assistant ingénieur du son. Mais pour Catherine Deneuve, l’exercice s’apparente à une véritable épreuve.
Complètement novice en matière d’enregistrement discographique, la comédienne est gagnée par le trac à l’idée de pousser la chansonnette pour la première fois. Portée par la production pour doper la promotion du film, cette chanson fait finalement son entrée au classement des meilleures ventes le 6 février 1981.
Elle y restera sept semaines consécutives, grimpant jusqu’à une très honorable 8e place.
Autour de ce duo plane rapidement un parfum de scandale et de fascination médiatique.
Dans une interview accordée à France-Soir, Serge Gainsbourg s’amuse à laisser sous-entendre qu’il entretient une relation avec sa partenaire.
Une version que Catherine Deneuve s’empresse de démentir publiquement, recadrant les choses : ils ne sont que de bons amis.
La tension palpable entre les deux artistes éclate parfois au grand jour, comme lors d’une mémorable émission télévisée de Michel Drucker.
Visiblement éméché, Serge Gainsbourg s’y montre particulièrement insistant avec Catherine Deneuve, l’enlaçant malgré elle alors qu’elle tente à plusieurs reprises de se dégager de son étreinte et d’esquiver ses tentatives de baisers en direct.
Malgré ces péripéties, grisé par la personnalité de Catherine Deneuve et par le succès public du morceau, Serge Gainsbourg se met en tête de lui façonner un album entier dans la foulée.
Enregistré dès février 1981, Souviens-toi de m’oublier se soldera malheureusement par un retentissant bide commercial.




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