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CHUCK BERRY

Johnny B. Goode

Le disque

Fiche technique

Sortie
31 mars 1958
Référence
CHESS ‎– 1691
Paroles et musique
Chuck Berry
Enregistrement
le 6 janvier 1958 aux studios Chess Records de Chicago, aux États-Unis
Chant et guitare
Chuck Berry
Piano
Johnnie Johnson et Lafayette Leake
Basse
Willie Dixon
Batterie
Fred Below
Ingénieur du son
Jack Sheldon Wiener
Les coulisses de : Johnny B. Goode

C’est en 1955 que Chuck Berry compose l’un des monuments fondateurs du rock’n’roll : Johnny B. Goode.

Derrière ce titre se cache une construction largement autobiographique. Le prénom « Johnny » rend hommage à son pianiste attitré Johnnie Johnson, avec qui Chuck Berry enregistre ses tout premiers morceaux et sillonne les routes pour ses premières tournées.

Quant au patronyme « Goode », il fait directement référence à l’adresse de naissance du musicien : le 2520 Goode Avenue, situé à Saint-Louis dans le Missouri. Pour parfaire la rythmique effrénée de ce chef-d’œuvre, le mot « Go » y est répété pas moins de 45 fois.

À l’origine, le texte met en scène un jeune garçon noir qui gravit les échelons grâce à sa guitare. Mais dans l’Amérique ségrégationniste de l’époque, cette narration réduit considérablement les chances de passage en radio.

Lucide, Chuck Berry modifie son personnage et le transforme en un jeune agriculteur blanc illettré originaire de la région de la Nouvelle-Orléans. Pour façonner son son, l’artiste a l’habitude de voyager de ville en ville afin de recruter des musiciens à moindre coût.

Pour l’introduction flamboyante de son morceau, il s’inspire manifestement de Ain’t That Just Like a Woman, un titre du jazzman Louis Jordan sorti en 1946 et magnifié par le guitariste Carl Hogan. Le public doit patienter jusqu’en juillet 1959 pour retrouver ce titre sur l’album Chuck Berry Is on Top.

La portée de la chanson dépasse ensuite de très loin les frontières terrestres. En 1977, la NASA sélectionne Johnny B.

Goode pour figurer sur le Voyager Golden Record, embarqué à bord de la sonde Voyager 1. Ce Disque d’Or est conçu pour compiler les « sons de la Terre » destinés à d’éventuelles civilisations extraterrestres : on y croise des bruits d’animaux, des salutations prononcées en 55 langues, ainsi que des œuvres immortelles de Bach, Mozart et Beethoven.

Le titre de Chuck Berry y décroche une place de choix, s’imposant comme l’unique morceau rock retenu par l’agence spatiale. L’histoire de ce morceau connaît également son lot de batailles judiciaires et de clins d’œil artistiques.

En 2000, le pianiste Johnnie Johnson attaque Chuck Berry en justice pour réclamer des royalties, estimant avoir co-écrit cette chanson.

Johnnie Johnson

Il est finalement débouté par les tribunaux américains.

Sur la scène française, le groupe Téléphone rendra un vibrant hommage à l’introduction légendaire du morceau dès 1977 à travers leur titre Hygiaphone.

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