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ARTHUR SIMMS

It’s only mystery

Le disque

Fiche technique

Sortie
1985
Référence
RCA - ZB40569
Paroles et musique
Corine Marienneau et Louis Bertignac · Eric Serra
Enregistrement
en 1984 au Studio Ramsès à Paris
Chant
Arthur Simms
Basse
Éric Serra
Guitare
Eric Serra, Jean-Michel Kajdan, Louis Bertignac, Philippe Kalfon et Ramon Pipin
Batterie
Amaury Blanchard et François Laiseau
Percussions
Eric Aerts et Sidney Thiam
Saxophone
Alain Guillard
Claviers
Benoît Widemann, Eric Serra et Patrick Gauthier
Trombone
Jérôme Naulais
Trompette
Yvan Guillard
Chœurs
Corine Marienneau et Valérie Barki
Ingénieurs du son
Jean-Louis Rizet et Laurent Peyron
Les coulisses de : It’s only mystery

Au début de l’année 1984, la scène rock française est en ébullition. Corine Marienneau, bassiste incontournable du groupe Téléphone, partage alors sa vie avec Éric Serra, le bassiste de Jacques Higelin.

Ce dernier vient de se faire remarquer en signant la bande originale du film Le Dernier Combat de Luc Besson. Alors que le réalisateur prépare son deuxième long-métrage, Subway, il commande à Éric Serra deux chansons taillées sur mesure pour une voix américaine.

Face au désistement de la première interprète pressentie, Corine Marienneau est appelée en urgence pour la remplacer, en plein bouclage de l’enregistrement de l’album Un autre monde de Téléphone en Angleterre. En une seule nuit, elle relève le défi en écrivant les textes de It’s Only Mystery et de Guns and People, confiés dans la foulée aux claviers d’Éric Serra.

Si la première mouture de It’s Only Mystery est d’abord écartée par Luc Besson, Corine fait appel à son compère de Téléphone, Louis Bertignac, pour façonner une nouvelle maquette. C’est cette version, validée par le cinéaste, qui finira par entrer dans la légende du cinéma français.

Ce morceau de bravoure est l’un des piliers de la bande originale de Subway, film-fleuve et esthétique de Luc Besson sorti en 1985, porté par une affiche prestigieuse réunissant Isabelle Adjani, Christophe Lambert, Richard Bohringer, Jean-Pierre Bacri, Jean-Hugues Anglade, Jean Reno et Michel Galabru. Un album salué par un immense succès public et critique, couronné par la Victoire de la musique de la meilleure musique de film en 1986 et certifié double disque d’or, qui doit beaucoup de son âme à son interprète principal : Arthur Simms.

C’est en effet sa voix soul, profonde et envoûtante, qui insuffle toute sa magie à It’s only mystery, collant à la peau du personnage de musicien rebelle incarné par Christophe Lambert à l’écran. Né en 1953 à Baltimore aux États-Unis, Arthur Simms grandit au sein d’une fratrie hors norme de quatorze enfants, composée de neuf garçons et cinq filles.

Doué d’une précocité musicale rare, il étudie durant six ans au prestigieux Peabody Conservatory of Music de Baltimore grâce à une bourse d’études au mérite. Brillant, il brille également dans les sciences : en 1970, un an avant d’obtenir son diplôme de major de promotion (Valedictorian) au Baltimore City College High School, il décroche la prestigieuse médaille Rensselaer, récompensant l’excellence en mathématiques et en sciences.

En 1977, le musicien s’installe à Paris et se forge rapidement une solide réputation de choriste de studio d’exception. En 1979, il convainc son frère Johnny, alors établi en Allemagne, de le rejoindre dans la capitale française.

Réunis, les deux frères écument les scènes, se produisant chaque soir dans le quartier des Halles ainsi qu’au Memphis Melodie, le club mythique tenu par le légendaire bluesman Memphis Slim. Artiste de l’ombre au talent immense, Arthur Simms prête tour à tour sa voix et ses notes aux plus grands de la chanson et de la variété française au cours de sa carrière, collaborant notamment avec Dalida, Gabriel Yared, Cerrone, Michel Jonasz, Éric Serra, Jacques Dutronc, Mireille Mathieu, Chagrin d’amour, Catherine Lara, Françoise Hardy, Nana Mouskouri, Yves Simon, Corine Marienneau, Louis Bertignac et Saint-Preux.

Aux côtés de son frère, il aura également été un accompagnateur de scène privilégié pour Michel Jonasz. Foudroyé par le sida, Arthur Simms s’éteint prématurément en 1987 à l’âge de 34 ans, laissant derrière lui un frère, John, qui perpétuera son héritage musical, et une empreinte indélébile dans le paysage musical français.

Bouleversé par sa disparition, Michel Jonasz lui rendra un vibrant hommage en composant la chanson Arthur, inclue sur son album Où est la source ? paru en 1992.

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