T’en va pas
Fiche technique
- Sortie
- 6 octobre 1986
- Référence
- CARRÈRE - 14.092
- Paroles et musique
- Catherine Cohen, Régis Wargnier et Romano Musumarra
- Enregistrement
- aux Titania Studios à Rome, en Italie
- Chant
- Elsa
- Arrangements
- Romano Musumarra
- Ingénieur du son
- Gianpaolo Bresciani
- Producteur
- Georges Mary
- Photographe
- Georges Lunghini
Née le 20 mai 1973 à Paris, Elsa Lunghini est la nièce de la comédienne Marlène Jobert. Dès l’âge de 7 ans, en 1981, elle se frotte aux plateaux de cinéma en jouant le rôle de Camille, la petite fille, dans Garde à vue de Claude Miller, aux côtés de Romy Schneider, Lino Ventura et Michel Serrault.

Par la suite, elle apparaît dans d’autres longs-métrages, jouant dans L’Indic aux côtés de Daniel Auteuil et Thierry Lhermitte, ainsi que dans Le Quatrième Pouvoir avec Philippe Noiret et Nicolas Garcia.
Mais c’est une autre aventure cinématographique, survenue quelques années plus tard, qui va faire basculer sa vie. Nous sommes en 1986, le réalisateur Régis Wargnier boucle son film La Femme de ma vie, qui réunit Jean-Louis Trintignant, Christophe Malavoy, Jane Birkin et la jeune Elsa Lunghini, et qui sort au cinéma le 8 octobre de cette même année.

À l’origine, aucune chanson n’est prévue au scénario. C’est un dimanche, en plein tournage, que le metteur en scène a l’inspiration soudaine d’ajouter une séquence où Elsa joue du piano face à Jane Birkin, qui incarne sa mère à l’écran. Pour cette commande de dernière minute, il fait appel au compositeur italien Romano Musumarra – figure incontournable des hits de l’époque – avec un cahier des charges limpide : concevoir une petite mélodie classique au piano.
Pressé par le temps pour trouver des paroles, Régis Wargnier s’improvise alors parolier. Il pond un refrain entêtant de 45 secondes : « T’en va pas, Si tu l’aimes, t’en va pas, Papa si tu l’aimes dis-lui, Qu’elle est la femme de ta vie, vie, vie ».
En découvrant ces quelques lignes, Jane Birkin ne peut s’empêcher de taquiner le réalisateur d’un direct : « Tu t’es pas foulé ». Ce à quoi Wargnier rétorque du tac au tac : « Je ne suis pas Serge Gainsbourg ».
Quelques jours plus tard, la scène est mise en boîte. Âgée de seulement 13 ans, Elsa se montre d’une aisance déconcertante. Toute l’équipe technique est immédiatement bluffée par sa prestation et son don inné pour le chant. C’est d’ailleurs l’ingénieur du son du film qui souffle à Régis Wargnier l’idée d’étirer l’essai pour en faire une chanson intégrale, idéale pour habiller le générique de fin. Convaincu, le réalisateur s’attelle à terminer l’écriture des paroles, épaulé par une amie, Catherine Cohen. En tout et pour tout, le morceau est bouclé en à peine trois heures. L’enregistrement s’ensuit aux Titania Studios à Rome, en Italie. Diffusée pour la toute première fois à la radio le 12 septembre 1986, la chanson T’en va pas ne tarde pas à enflammer le public.

Le 6 décembre 1986, T’en va pas fait son entrée dans le Top 50, où elle entame un marathon qui durera jusqu’au 23 mai 1987. Mieux encore : T’en va pas s’empare de la première place de ce classement musical pendant huit semaines consécutives au début de l’année 1987, permettant à Elsa de battre des records de précocité dans les charts.
Ce succès fulgurant conduit Claude Carrère, fondateur du label qui porte son nom, à imposer qu’on ne garde que le prénom d’Elsa, ce qui ne plaisait pas à la jeune chanteuse, fière de porter le nom de son papa, Georges Lunghini, comédien qui, lorsqu’elle était plus jeune, avait joué au cirque d’hiver. C’est la première fois qu’un ou une artiste aussi jeune se retrouve propulsé numéro un. Ce 45 tours s’écoule au final à plus de 1 300 000 exemplaires en France.




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