Josephine
Fiche technique
- Sortie
- 22 juin 1985
- Référence
- MAGNET - MAG 280
- Paroles et musique
- Chris Rea
- Enregistrement
- en décembre 1984 au Recording Studios de Berkshire, en Angleterre
- Chant et guitare
- Chris Rea
- Piano et claviers
- Kevin Leach
- Guitare
- Robert Ahwai et Simon Nicol
- Batterie
- Dave Mattacks
- Basse
- Eoghan O'Neill
- Percussions
- Martin Ditcham
- Saxophone
- Mel Collins
- Trombone
- Annie Whitehead
- Chœurs
- Ian Barnett, Donnie Hilstad, Jesse Lortz et Kimberly Morrison
- Ingénieur du son
- Barry Hammond
- Producteurs
- Chris Rea et Dave Richards
- Photographe
- Derek Ridgers
C’est une trajectoire très atypique que celle de Chris Rea, qui se met tardivement à la musique et n’achète sa première guitare qu’à l’âge de 22 ans. Pourtant, ce musicien au timbre de voix éraillé et au jeu de guitare immédiatement reconnaissable va marquer les années 80 de son empreinte.
Parmi ses compositions intemporelles, Josephine occupe une place à part, bien que son titre ait longtemps nourri les malentendus.
À sa sortie, beaucoup croient en effet que le Britannique adresse ce morceau à celle qu’il surnomme affectueusement « Jo ».
Il s’agit en réalité de son épouse Joan Lesley, rencontrée le 6 avril 1968 à Middlesbrough.
Mais la véritable dédicataire est tout autre : Chris Rea a écrit cette chanson pour sa fille aînée, Josephine, née le 16 septembre 1983.
Le musicien garde un souvenir impérissable de la naissance de ce titre et confie ressentir un lien très fort avec lui à chaque fois qu’il l’interprète sur scène : « Quand je suis sur scène, je ferme un peu les yeux quand je chante et je suis toujours là où j’ai écrit la chanson au troisième étage de l’hôtel Intercontinental à Düsseldorf en Allemagne ».
Alors qu’il débute une tournée outre-Rhin, l’artiste se retrouve seul dans sa chambre d’hôtel.
Tandis que la pluie tambourine au-dehors et plombe son moral, ses pensées se tournent vers sa fille, perçue comme son rayon de soleil et sa véritable raison de vivre.
Saisissant un stylo, il compose le morceau d’une seule traite, en s’inspirant pour la rythmique du célèbre groupe de jazz américain Weather Report.
Josephine est choisie pour être le deuxième extrait de son septième album studio, Shamrock Diaries, paraissant le 17 mai 1985.
L’histoire de ce morceau ne s’arrête pas là et connaît plusieurs métamorphoses au fil des ans.
Un jour de 1987, lors d’un passage dans un bar à Paris en compagnie d’un représentant de Warner Bros France — une maison de disques concurrente de la sienne —, ce dernier lui glisse une remarque décisive : « Je trouve que les accords de Josephine sonnent comme ceux du tout début du groupe Chic ».
De retour en Angleterre, Chris Rea entre en studio pour retravailler sa partition à la manière du groupe disco-funk américain.
À sa sortie, cette nouvelle version vitaminée fait un carton retentissant dans les discothèques françaises et britanniques.
L’année suivante, en 1988, il propose encore une troisième mouture de Josephine, caractérisée cette fois par des riffs de guitare plus discrets.
La mélodie s’avère décidément intemporelle puisqu’en 1999, le trio marseillais Superfunk s’empare de la basse de Josephine pour bâtir le tube Lucky Star, sublimé par la voix de Ron Carroll.
Un clin d’œil rythmé qui consacre la popularité intergénérationnelle du morceau par le biais du sample.
La route de cet infatigable artisan du rock mélodique s’arrête finalement le 22 décembre 2025 à Londres, où Chris Rea s’éteint à l’âge de 74 ans, laissant derrière lui une discographie jalonnée de chefs-d’œuvre empreints de nostalgie et d’élégance.




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