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CHARLOTTE & GAINSBOURG

Charlotte for ever

Le disque

Fiche technique

Sortie
novembre 1986
Référence
PHILIPS - 888 165-7
Paroles et musique
Serge Gainsbourg
Enregistrement
en 1985 au Studio Plus XXX à Paris
Chant
Charlotte Gainsbourg et Serge Gainsbourg
Guitare
Billy Rush
Basse
John K
Batterie
Tony Smith
Claviers
Gary Georgett
Saxophone
Stan Harrison
Chœurs
George Simms et Steve Simms
Ingénieurs du son
Eddie Brown, Jay Vicari, Dominique Blanc-Francard et Hubert Blanc-Francard
Producteurs
Billy Rush et Philippe Lerichomme
Photographe
Serge Van Poucke
Les coulisses de : Charlotte for ever

Novembre 1986. Serge Gainsbourg dégaine un 45 tours pour le moins singulier, partagé en duo avec sa fille de quinze ans : Charlotte for Ever.

C’est la chanson phare du film du même nom, réalisé par Serge Gainsbourg en personne et projeté sur grand écran à partir du 10 décembre 1986. Devant la caméra, l’intrigue explore la relation trouble et équivoque entre un père alcoolique et sa fille pubère, au cœur d’une atmosphère aux relents d’inceste.

Un rôle sur mesure que l’artiste s’est finalement octroyé, après le refus catégorique de Christophe Lambert, initialement pressenti pour l’incarner. Pour donner vie à cet univers clos, le tournage ne s’est pas déroulé dans des studios impersonnels, mais s’est intégralement déroulé au domicile même de Serge Gainsbourg, au 5 bis rue de Verneuil à Paris.

Derrière le micro, le duo père-fille est subtilement épaulé par des pointures internationales : les choristes de David Bowie : George Simms et Steve Simms, viennent prêter leurs voix aux harmonies du morceau. Ce titre charnière se retrouve naturellement propulsé en piste maîtresse de Charlotte for Ever, le tout premier album de Charlotte Gainsbourg, qui arrive dans les bacs en décembre 1986.

Pour façonner les ambiances musicales de ce projet, Serge Gainsbourg s’est d’ailleurs appuyé sur le talent du guitariste américain Billy Rush, figure du groupe Southside Johnny and the Asbury Jukes, qui a signé les arrangements de l’opus. Derrière les notes de cette chanson se cache pourtant une source d’emprunt non autorisée.

Pour composer la mélodie, Serge Gainsbourg a puisé sans demander d’autorisation dans l’Andantino pour piano, écrit en 1926 par le compositeur soviétique Aram Khatchatourian (1903-1978). Flairant la contrefaçon, les héritiers d’Aram Khatchatourian n’ont pas tardé à traîner l’artiste français en justice.

La famille du musicien disparu obtient gain de cause et impose que leur aïeul soit officiellement crédité comme co-auteur sur les pressages du disque.

À sa sortie, le long-métrage provoque de vives vagues de polémiques dans les médias, alimentées par le parfum de scandale qui entoure le sujet.

Des années plus tard, l’intéressée lèvera le voile sur les véritables motivations de cette aventure artistique : Charlotte Gainsbourg confessera sans détour dans la presse qu’elle s’était lancée dans cette lourde aventure cinématographique et musicale uniquement par amour filial, avec l’unique ambition de faire plaisir à son père.

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