Me and Mrs. Jones
Fiche technique
- Sortie
- 13 septembre 1972
- Référence
- EPIC - EPC 1055
- Paroles et musique
- Cary Gilbert, Kenneth Gamble et Leon Huff
- Enregistrement
- en 1972 au Sigma Sound de Philadelphie, en Pennsylvanie, aux États-Unis
- Chant
- Billy Paul
- Arrangements
- Bobby Martin
- Guitare
- Bobby Eli, Bunny Sigler, David Bay, Norman Harris et Roland Chambers
- Basse
- Anthony Jackson et Ron Baker
- Piano
- Leon Huff
- Saxophone
- Vincent Montana Jr.
- Batterie
- Earl Young
- Chœurs
- Carla Benson, Evette Benton et Barbara Ingram
- Ingénieur du son
- Joe Tarsia
- Producteurs
- Kenneth Gamble et Leon Huff
- Photographe
- Don Hunstein
Tout commence dans le cadre feutré d’un petit bar situé au rez-de-chaussée du Schubert Building, à Philadelphie, où siègent les bureaux de la célèbre maison de disques Philadelphia International Records. Chaque soir, le duo d’auteurs-compositeurs Kenneth Gamble et Leon Huff observe un manège familier : un homme entre régulièrement dans l’établissement en compagnie d’une femme.
Tout trahit chez eux des amants cachés vivant une aventure extraconjugale. S’installant toujours à la même place, ce monsieur choisit invariablement les mêmes morceaux au juke-box.
Cette scène de la vie quotidienne inspire directement aux deux hommes le thème de Me and Mrs. Jones, une chronique poignante sur l’adultère.
Pour tisser l’écrin musical de cette histoire interdite, l’enregistrement se déroule en 1972 au studio Sigma Sound de Philadelphie. Billy Paul y est magistralement soutenu par The Sweethearts Of Sigma — les choristes Carla Benson, Evette Benton et Barbara Ingram —, tandis que les arrangements caractéristiques du fameux son de Philadelphie (Philly Sound), sont sculptés par Bobby Martin avec les musiciens du collectif MFSB.
Une subtilité musicale se niche dès les premières secondes du titre : dans l’introduction, le saxophone joue furtivement la première ligne de Secret Love, le tube immortalisé par Doris Day en 1953. Un clin d’œil qui vaudra d’ailleurs des démêlés judiciaires : plus tard, les auteurs de la chanson originale, Sammy Fain et Paul Francis Webster, poursuivront en justice Cary Gilbert, Kenneth Gamble et Leon Huff.
Ils obtiendront gain de cause et récupéreront la moitié des recettes générées par Me and Mrs. Jones.
Porté par le phrasé unique de Billy Paul, dont la riche culture jazz nourrit l’interprétation d’une intensité dramatique rare, le morceau est publié en 45 tours le 13 septembre 1972.
C’est un triomphe colossal : le public répond présent et le disque s’écoule à plus de deux millions d’exemplaires.
L’ascension fulgurante se confirme le 16 décembre 1972 lorsque le titre s’empare de la première place du Billboard Hot 100, le prestigieux classement musical américain, s’y maintenant durant trois semaines consécutives.
Cela vaut à son interprète un prestigieux Grammy Award en 1973.
Entre-temps, le public retrouve ce chef-d’œuvre au sein de 360 Degrees of Billy Paul, le troisième album de Billy Paul, publié à la fin de l’année 1972.
Figure incontournable de la soul, Billy Paul s’éteindra le 24 avril 2016 à l’âge de 81 ans dans sa résidence de Blackwood, dans le New Jersey, emporté par un cancer du pancréas, laissant derrière lui l’empreinte indélébile de cette valse adultère devenue un classique intemporel.




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