Ain’t no sunshine
Fiche technique
- Sortie
- novembre 1971
- Référence
- Sussex – SUX 219
- Paroles et musique
- Bill Withers
- Enregistrement
- juillet 1971 aux Studios Ardent à Menphis, dans le Tennessee, aux États-Unis
- Chant
- Bill Withers
- Basse
- Donald "Duck" Dunn
- Batterie
- Al Jackson Jr.
- Guitare
- Stephen Stills
- Arrangements
- Booker T. Jones
- Ingénieur du son
- Terry Manning
Disparu le 30 mars 2020 à Los Angeles, Bill Withers confiait souvent que l’étincelle à l’origine de son chef-d’œuvre, Ain’t no sunshine, était née sur grand écran. En 1962, il découvre le drame de Blake Edwards Days of Wine and Roses (Le Jour du vin et des roses), porté par Jack Lemmon et Lee Remick.

Ce film retrace le combat de deux âmes perdues, aux prises avec l’alcoolisme, qui trouvent dans leur amour — puis dans la naissance de leur fille — la force de se reconstruire. Profondément marqué par cette dynamique d’absence et de dépendance, l’auteur-compositeur griffonne des paroles et esquisse une ligne de guitare épurée.
Une fois sa maquette enregistrée, il l’adresse au producteur Clarence Avant, qui décèle immédiatement le potentiel du morceau. À cette époque, loin des projecteurs, Bill Withers mène une double vie : il travaille à l’usine, fabriquant des sièges de toilettes destinés aux avions Boeing 747.
Pour donner sa chance à sa musique, c’est en posant de précieux jours de congé qu’il entre en studio. Entouré de requins de studio d’exception (des musiciens) — dont le producteur et claviériste Booker T.
Jones, le guitariste Stephen Stills ainsi que la section rythmique de Booker T. and the M.G.’s avec Donald « Duck » Dunn à la basse et Al Jackson Jr. à la batterie —, il livre une version définitive qui sublime sa maquette folk-blues. En studio, une hésitation artistique surgit : sur le passage où il répète obstinément l’expression « I know » vingt-six fois d’affilée, Bill Withers envisage d’ajouter de nouveaux vers.
Heureusement, ses musiciens le dissuadent d’alourdir ce qui deviendra l’un des moments les plus poignants de la chanson. Le destin du titre s’écrit pourtant dans un premier temps par un heureux hasard.
Choisi à l’origine pour figurer en face B du titre Harlem, extrait de l’album Just As I Am paru en 1971, ce morceau prend rapidement le dessus.
Séduits par la force brute de la composition, les animateurs radio et les disc-jockeys préfèrent unanimement retourner le 45 tours pour diffuser Ain’t No Sunshine.
Le succès est assez fulgurant : ce premier single s’écoule à plus d’un million d’exemplaires en seulement quelques semaines, propulsant instantanément Bill Withers au rang de star internationale.
L’ancien ouvrier peut enfin quitter définitivement l’usine de pièces aéronautiques.
En guise de clin d’œil mémorable à ses anciennes conditions de travail, sa maison de disques lui offrira plus tard un siège de toilettes doré, précieux trophée rappelant d’où il venait avant de conquérir le monde.



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