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SABINE PATUREL

Les bêtises

Le disque

Fiche technique

Sortie
décembre 1985
Référence
CARRÈRE - 113900
Paroles et musique
Dominique Pankratoff et Sylvain Lebel
Enregistrement
au Studio De Milan à Paris
Chant
Sabine Paturel
Orchestre
Christian Baciotti
Ingénieur du son
Jean-Paul Malek
Producteur
Bernard Ricci (il a été membre des Petits Chanteurs A La Croix De Bois)
Photographe
Noël Quidu
Les coulisses de : Les bêtises

Nous sommes en décembre 1985 Sabine Paturel alors âgée de 30 ans, s’apprête à marquer l’histoire de la variété française avec Les bêtises. Tout commence en 1982, lorsque le compositeur Dominique Pankratoff imagine une mélodie initialement destinée à l’album du comédien et chanteur Philippe Clay. Baptisée La Route de la vie, elle s’associe d’abord à un texte dont le nom est Les Joggeurs du bois de Boulogne. Mais le destin en décide autrement : Philippe Clay rejette la proposition au profit d’une autre composition signée par Charles Aznavour. La maquette retourne au fin fond un tiroir. Il faut attendre trois ans, en 1985, pour que le cours de l’histoire bascule. Le parolier Sylvain Lebel, qui venait de connaître un immense succès avec Le Géant de papier de Jean-Jacques Lafon, vient trouver Dominique Pankratoff avec de nouvelles paroles intitulées Les bêtises. En découvrant le texte, le compositeur a une illumination : la mélodie rejetée par Philippe Clay quelques années plus tôt épousera parfaitement ces paroles. La chanson est née, mais reste à trouver l’interprète idéale. Proposée tour à tour à Annie Cordy puis à Charlotte Julian, qui déclinent l’offre, elle finit par croiser la route de Sabine Paturel.

Avant de connaître la gloire, cette artiste avait été repérée dans les années 1960 par Claude Carrère, le célèbre producteur qui avait propulsé Sheila au sommet avant de produire notamment Dalida et Claude François. Cette rencontre s’est faite après que ce dernier a assisté à la pièce La Chienlit dans laquelle Sabine Paturel jouait une soixante-huitarde, et le découvreur de talents avait aussitôt su convaincre la jeune comédienne de chanter. C’est donc près de Saint-Lazare, au studio Milan, que Les bêtises a été enregistrée sous le label Emma Productions.

Sabine Paturel accepte donc de relever le défi et le succès est fulgurant, dépassant toutes les espérances. Certifié Disque d’Or, Les bêtises réalise une jolie performance en restant classé trente-six semaines consécutives au Top 50, entre mars et octobre 1986. En mai 1986, après deux mois de présence dans le classement, le morceau se positionne sur la deuxième marche derrière Ouragan de Stéphanie, avant de devenir l’un des grands tubes de l’été. Sabine Paturel doit en grande partie son succès au regretté Philippe Gildas. Enthousiasmé par Les bêtises, celui-ci le diffuse à répétition dans son émission radiophonique Europe Plus, qu’il coanime sur Europe 1 aux côtés de son épouse Maryse — cette dernière, ironie du sort, ne portait pourtant pas ce titre dans son cœur. Au terme de son parcours commercial, le single s’écoule à un million d’exemplaires, demeurant l’unique véritable tube de la chanteuse, et trouve sa place sur l’album Cœur Bébé, publié en 1987.

L’onde de choc est telle qu’elle ouvre des portes inattendues : Jacqueline Joubert, alors directrice des programmes jeunesse d’Antenne 2, contacte Sabine Paturel pour lui proposer de succéder à Dorothée, tout juste partie sur TF1. Une opportunité en or qu’elle choisit pourtant de décliner. Vingt ans plus tard, en 2006, Les bêtises connaîtra une cure de jouvence sous les traits de Bébé Lilly, avec une reprise aux paroles légèrement adaptées. Pourtant, derrière les paillettes et les plateaux télévisés de l’époque, la réalité est bien moins lumineuse. En 2013, dans les colonnes du magazine Ici Paris, Sabine Paturel brise le tabou et lève le voile sur les zones d’ombre de ce carton commercial (En tant qu’interprète, je ne gagne pas d’argent sur cette chanson, c’est terriblement injuste). Elle confiait également la violence de l’envers du décor (Après le succès de la chanson, ce producteur a été odieux, il m’agressait sous n’importe quel prétexte, il a été jusqu’à me gifler). Marquée par ces épreuves, Sabine Paturel s’éloigne peu à peu des studios d’enregistrement et des projecteurs de la chanson pour embrasser une carrière sur les planches, se consacrant avec passion au théâtre. Il faudra attendre l’année 2020 pour la voir renouer avec ses premières amours musicales et effectuer un retour salué par ses fidèles avec le titre Putain le monde.

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