Nougayork
Fiche technique
- Sortie
- octobre 1987
- Référence
- WEA – 248 119-7
- Paroles et musique
- Claude Nougaro et Philippe Saisse
- Enregistrement
- durant l'été 1987 de son studio de Times Square à New-York, aux États-unis
- Chant
- Claude Nougaro (1929-2004)
- Guitare
- Nick Moroch
- Piano
- Philippe Saisse
- Saxophone
- Lou Marini
- Trombone
- Birch Johnson
- Batterie
- Francis Lassus
- Trompette
- Alan Rubin
- Chœurs
- Curtis King, Brenda King et Lani Groves
- Producteur
- Mick Lanaro
- Réalisateur
- Philippe Saisse
- Pochette
- Gérard Targowla
À 57 ans, Claude Nougaro traverse une période charnière et difficile : sa maison de disques historique, Barclay, rompt son contrat après l’échec commercial de l’album Bleu blanc blues, pourtant vendu à 35 000 exemplaires. Blessé et dépité, le poète toulousain prend une décision radicale. Il brûle les textes de son futur album, vend sa maison à Paris, prend ses économies et s’envole pour les États-Unis afin de s’installer à New York. C’est son producteur Mick Lanaro qui, autour d’un dîner chez Charlot, place Clichy à Paris, lui a conseillé de quitter la France et d’aller à New York pour rencontrer Philippe Saisse, le fils du directeur artistique de CBS, un musicien et compositeur de talent qui a entre autres travaillé avec les Stones, David Bowie, Al Jarreau et Chaka Khan.
En janvier 1987, Claude Nougaro et sa femme Hélène atterrissent à l’aéroport JFK, jouent d’abord les touristes, arpentent la ville et s’imprègnent de son ambiance si particulière. Durant l’été 1987, il pose ses valises avec Hélène, logeant d’abord au Chelsea Hotel, le mythique hôtel des artistes, avant de s’emménager dans l’ancien appartement de Charlie Mingus, gracieusement prêté par la veuve du célèbre contrebassiste.

Bien décidé à ne pas baisser les bras, Claude Nougaro se met en quête d’une nouvelle équipe pour relancer sa carrière. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Philippe Saisse, un claviériste français originaire de Bordeaux qui a ses habitudes dans les grands studios new-yorkais et officie comme arrangeur pour des artistes de renommée internationale. Le courant passe immédiatement entre les deux hommes. Le Toulousain écrit les textes, tandis que le musicien y insuffle son funk issu du métro new-yorkais, son rock et ses cuivres. Muni de son cahier à spirales, Claude Nougaro griffonne un texte puis un second, sans la moindre rature. Le chanteur lui lance : « J’ai un concept. Ça s’appelle Nougayork », tout en lui tendant un simple morceau de papier sur lequel sont couchés quatre vers fondateurs « Dès l’aérogare / J’ai senti le choc / Un souffle barbare / Un remous hard rock ». Claude Nougaro achève l’écriture de ce morceau en à peine dix minutes, tandis que la composition de l’ensemble du projet s’étale sur une quinzaine de jours.
Pour façonner ce son unique, Philippe Saisse s’entoure de musiciens redoutables de la scène new-yorkaise aux studios 39th Street Music, apportant une rythmique moderne et urbaine et façonnant un écrin taillé sur mesure pour le verbe du chanteur. À noter que sur la chanson de la face B, on relève la présence prestigieuse de Nile Rodgers, le célèbre guitariste du groupe Chic. Sur un plan purement mélodique, la structure de Nougayork porte par ailleurs l’empreinte d’une influence précise : le morceau Wallies, sorti en 1983 et interprété par la chanteuse britannique Anne Clark sur son album Changing Places.
De retour à Paris, Claude Nougaro présente sa maquette à Mick Lanaro, qui fait signer son artiste chez Warner. La maison de disques finance immédiatement l’enregistrement de l’album à New York et en Europe. Le pari s’avère triomphal. Chez Barclay, qui dix mois plus tôt avait évincé son artiste, on se mord les doigts car la sortie du single en octobre 1987 en France crée l’événement. Nougayork s’écoule à plus de 250 000 exemplaires en France. Il s’installe dans le Top 50 pendant 18 semaines, grimpant jusqu’à la 14e place. Quant à l’album homonyme Nougayork, publié en septembre 1987, il rencontre un immense succès critique et public en franchissant le cap des 500 000 ventes et en devenant rapidement disque de platine, une consécration couronnée par deux Victoires de la Musique en 1988. Face à ce retour en force éclatant qui relance spectaculairement la carrière de Claude Nougaro, le PDG de Barclay, à la fois déçu d’avoir laissé filer un tel talent mais grand seigneur, n’hésite pas à envoyer un télégramme de félicitations à son ancien artiste.




À découvrir aussi
Quelques autres histoires de chansons à parcourir.












