Je danse le mia
Fiche technique
- Sortie
- 1994
- Référence
- DELABEL -7243 8 923432 9
- Paroles et musique
- Akhenaton et IAM
- Enregistrement
- au Studio La Blaque à Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône
- Chant
- Akhenaton, Shurik'n, Kheops, Imhotep, Kephren et Freeman
- Guitare
- Gille Escriva
- Basse
- Gary Volet
- Chœurs
- Sophie Afoy
- Ingénieur du son
- Dan Wood
- Producteurs
- IAM et Nicholas Sansano
- Illustrations pochette
- —
IAM s’est formé à Marseille en 1989, un nom inspiré par la contraction de (I am a man), le slogan scandé par les manifestants lors des luttes pour les droits civiques aux États-Unis. Le groupe profite des talents de Def Bond et Loïc Dury aux scratches. C’est Mounir Belkhir, pionnier du rap de la cité phocéenne, qui signe l’écriture de ce futur classique. Il cède le titre à IAM qui le teste sur scène dès l’été 1991 lors de la tournée de son premier album, Planète Mars. Voyant que le public adhère, la formation enregistre le morceau qui sort en octobre 1993 sur leur deuxième album studio, Ombre est Lumière. Mais la version d’origine qui figure sur le double 33 tours ne convainc pas totalement, poussant le groupe à remixer le morceau et à y intégrer le sample de Give Me the Night, le titre de George Benson paru en juin 1980.
Quand il s’agit de choisir quel single sera le premier extrait de ce projet, les responsables de la maison de disques Delabel hésitent. Leur premier choix se porte sur Harley Davidson, mais ils redoutent une confusion avec la chanson de Serge Gainsbourg interprétée par Brigitte Bardot en 1967. Finalement, les responsables de Delabel se rabattent sur Je danse le Mia, un morceau qui reproduit l’ambiance des boîtes de nuit des années 80 et fonctionne bien lors des concerts du groupe. Pour porter visuellement le titre, IAM fait appel au réalisateur Michel Gondry dont le clip tourne en boucle sur les télévisions et donne un net coup de fouet aux ventes.
Il faut dire que les membres d’IAM sont de grands fans de l’artiste américain qui a fêté ses 81 ans hier. Si la version finale utilise l’échantillon musical, l’autorisation met quelques années à arriver. C’est alors que le groupe se trouve à New York pour un enregistrement qu’Akhenaton et les siens croisent George Benson dans un studio voisin, l’artiste se montrant ravi de faire leur connaissance (il paraît qu’ensuite, le champagne a coulé à flots).
Le pari de la maison de disques s’avère payant. En février 1994, entré depuis seulement trois semaines parmi les cinquante meilleures ventes de singles en France, Je danse le Mia prend la première place du Top 50, une position que la chanson conserve pendant huit semaines. C’est la toute première fois dans l’Hexagone qu’un groupe de rap s’empare de la tête des ventes, faisant mieux que Bouge de là de MC Solaar, qui fut trois ans plus tôt le premier tube du genre en France. Au final, le titre des rappeurs marseillais reste classé jusqu’à la fin de l’année. Le succès est immédiat et Je danse le Mia devient le tube de l’été 1994, tout en se classant en tête du Top 50. Il s’impose ainsi comme le deuxième single le plus vendu en France en 1994, juste derrière Neneh Cherry et Youssou N’Dour avec Seven Seconds. En février suivant, IAM est sacré groupe de l’année aux Victoires de la musique grâce à ce morceau né cinq ans plus tôt dans la cave d’un immeuble des quartiers nord de Marseille.



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