Heart of glass
Fiche technique
- Sortie
- 3 janvier 1979
- Référence
- CHRYSALIS - 6172 676
- Paroles et musique
- Chris Stein et Deborah Harry
- Enregistrement
- en juin 1978 aux Record Plant Studios, New York, aux États-Unis
- Chant
- Deborah Harry
- Basse
- Nigel Harrison
- Batterie
- Clem Burke
- Guitare
- Chris Stein et Frank Infante
- Claviers
- Jimmy Destri
- Producteur
- Mike Chapman
- Photographie
- Brian Cooke
Fondé en 1974 à New York par Deborah Harry et Chris Stein, le groupe de rock américain Blondie traverse pourtant une zone de fortes turbulences financières à la fin des années 70. Suite à des imbroglios de rachats de contrats avec leur maison de disques, la formation se retrouve lestée d’une dette colossale de 500 000 dollars.
Pour éviter la noyade, l’urgence est absolue : il leur faut impérativement décrocher un nouveau tube. C’est au cours d’une séance de travail décisive que le salut surgit des cartons du groupe.
Les musiciens exhument une maquette enregistrée en 1975 dans une version initiale beaucoup plus lente et aux accents reggae, alors intitulée Pain in the Ass. Sous l’impulsion du producteur Mike Chapman et grâce à l’intégration d’une boîte à rythmes Roland CR-78, la structure du morceau se métamorphose radicalement pour épouser les rythmiques entraînantes du disco et de la pop synthétique.
Derrière ce titre se cache également une prise de position très nette de son auteure, Deborah Harry. Elle expliqua à l’époque la genèse de ces paroles : « J’en avais marre d’entendre ces chanteuses pleurer sur leur sort, se plaindre de leurs amants et des malheurs que ces derniers leur causaient…
J’ai voulu leur dire qu’il faut parfois savoir partir et laisser les pauvres types là où ils sont ! » Si la chanson trouve sa place sur l’album Parallel Lines, sorti en septembre 1978 — un disque monstre qui s’écoulera à 20 millions d’exemplaires à travers le monde —, c’est le format single qui va tout emporter. Porté par une esthétique visuelle immortalisée dans un clip tourné au légendaire Studio 54 de New York, le morceau s’impose au sommet des charts et se classe numéro un aux États-Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Australie et en Autriche.
Les auditeurs attentifs auront d’ailleurs remarqué une subtile différence entre la version de l’album et celle diffusée à l’époque en radio. Dans le premier couplet, l’expression originale « A pain in the ass » (une douleur dans le cul) a en effet été aseptisée pour devenir « A heart of glass » (un cœur de verre).
Des paroles audacieuses qui, si elles ne choquent plus personne de nos jours, heurtaient encore la censure et les bonnes mœurs de l’Amérique du début des années 1980. L’histoire de ce monument de la pop-rock reste à jamais indissociable de ses musiciens, dont le talent a façonné l’âge d’or de la new wave, à l’image du batteur du groupe Blondie, Clem Burke, mort le 6 avril 2025 à l’âge de 70 ans.




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