Tombé pour la France
Fiche technique
- Sortie
- 1er mai 1985
- Référence
- VIRGIN – 90180
- Paroles et musique
- Arnold Turboust et Étienne Daho
- Enregistrement
- en 1985 au Studio Guerilla de Londres, en Angleterre
- Chant et chœurs
- Étienne Daho
- Guitare
- Xavier Géronimi
- Basse et claviers
- Arnold Turboust
- Batterie
- Rico Conning
- Trompette
- Kako Bessot
- Trombone
- Alex Perdigon
- Saxophone
- Michel Gaucher
- Ingénieur du son
- Dominique Blanc-Francard
- Assistants ingénieur du son
- Dan Lacksman et Hervé Le Guil
- Producteur
- Frank Darcel
- Photographe
- Laurent Léonard
Un an à peine après le triomphe de son album La Notte, la notte et de ses tubes contenus – Week-end à Rome, Le Grand Sommeil et Sortir ce soir –, Étienne Daho revient sur le devant de la scène en mai 1985 avec un nouveau projet discographique. C’est un mini-album qui abrite une pépite : Tombé pour la France. Ce titre devient un tube fulgurant, propulsant Étienne Daho au rang de véritable phénomène générationnel. Tombé pour la France s’installe durablement dans le paysage musical français et s’offre une place de choix au Top 50 durant dix-neuf semaines consécutives, de juillet à novembre 1985, culminant à la treizième position. Derrière cette apparente légèreté pop se cache un travail de production minutieux. Les spécialistes musicaux remarquent d’ailleurs qu’à 0:07, cette chanson intègre un bref extrait sonore du morceau Woolloomooloo, extrait de l’album Zoolook de Jean-Michel Jarre. Dans les paroles, le dandy rennais s’amuse d’une drôle de fantaisie orthographique en chantant : « C’est la fête, c’est psychadélique, ne demande pas c’que j’fabrique. » Une liberté poétique, puisque le mot « psychadélique » n’existe pas dans la langue française, contrairement à « psychédélique ».
Ce tube trouvera logiquement sa place l’année suivante, le 1er avril 1986, sur le troisième album studio d’Étienne Daho, Pop Satori, enregistré en grande partie à Londres sous la houlette de Rico Conning. Si la chanson marque les esprits, c’est aussi grâce à son vidéoclip signé Jean-Pierre Jeunet. Le futur réalisateur de Delicatessen, de La Cité des enfants perdus, du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain ou encore d’Un long dimanche de fiançailles prête ici son œil unique à l’univers d’Étienne Daho. Le jeune cinéaste, qui a déjà fait ses armes sur le tube La Fille aux bas nylon de Julien Clerc, signe une mise en images magistrale qui contribue grandement au triomphe du morceau. Quelques années plus tard, ce sens inné de la direction artistique et du visuel portera Jeunet vers un succès mondial sans précédent, couronné par quatre César pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Avec Tombé pour la France, Daho assoit définitivement son statut et devient l’une des valeurs sûres et les plus raffinées de la scène française. Pourtant, rien de tout cela n’aurait peut-être vu le jour sans un concours de circonstances survenu quelques années plus tôt.
Étudiant à Rennes dans les années 70, Étienne Daho voue une admiration sans borne aux Stinky Toys, le groupe punk mythique fondé par Elli et Jacno. En décembre 1978, déjà bien ancré dans le milieu artistique local, il remue ciel et terre pour les faire venir en concert sur la scène de la salle de la Cité. Malheureusement, ce soir-là, une violente tempête de neige s’abat sur la région, empêchant les musiciens de regagner la capitale après le spectacle. Hospitalier, le jeune Rennais leur propose de loger chez lui, dans son modeste appartement dépourvu de chauffage. Tandis que la nuit s’étire au rythme de longues discussions passionnées, Étienne Daho ose enfin sortir timidement ses textes de chansons. Totalement séduits par son univers et son audace, Elli et Jacno acceptent immédiatement de produire ses premiers pas discographiques.




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