I shot the sheriff
Fiche technique
- Sortie
- 12 novembre 1973
- Référence
- RSO - 2090 132
- Paroles et musique
- Bob Marley
- Enregistrement
- entre avril et mai 1973 aux Criteria Recording Studios de Miami, aux États-Unis
- Chant, guitare et chœurs
- Eric Clapton
- Guitare
- George Terry
- Basse
- Carl Radle
- Piano
- Albhy Galuten
- Claviers
- Dick Sims
- Batterie
- Jamie Oldaker
- Chœurs
- Yvonne Elliman et Tom Bernfield
- Ingénieurs du son
- Karl Richardson et Steve Klein
- Producteur
- Tom Dowd
- Photographe
- David Gahr
Tout commence dans l’esprit de Bob Marley, au début des années 70. Le leader du reggae jamaïcain compose I shot the sheriff après avoir nourri, dans un moment d’exaspération, l’intention belliqueuse de s’en prendre au médecin qui prescrivait la pilule contraceptive à sa compagne de l’époque, l’actrice Esther Anderson.
Dans sa version initiale, le brûlot s’intitule d’ailleurs I shot the police. Mais face aux fortes pressions et protestations du gouvernement, Bob Marley se ravise et opte finalement pour I shot the sheriff.
Ce morceau est immortalisé en avril 1973 sur l’album Burnin’ des Wailers.
Quelques mois plus tard, le guitariste britannique Eric Clapton, en vacances sous le soleil de Jamaïque, découvre cette vibration inédite qui bouleverse son écriture.
De retour aux États-Unis, il entre en studio aux Criteria Recording Studios de Miami pour enregistrer sa propre vision de ce titre. Ces sessions, menées entre avril et mai 1973, accoucheront de l’album 461 Ocean Boulevard, qui paraît en juillet 1974.
Le 12 novembre 1973, sa relecture sort en single au format 45 tours, imprégnée d’une couleur rock et d’un groove chaloupé qui s’éloignent de l’urgence roots originale. Le pari s’avère un triomphe commercial colossal.
Aux États-Unis, la version d’Eric Clapton explose les compteurs et surpasse largement les scores de la mouture originelle de Bob Marley, propulsant le genre jamaïcain dans les charts internationaux.
Paradoxalement, ce succès soudain provoque une onde de choc inattendue en Jamaïque.
Le morceau tourne en boucle sur toutes les ondes de l’île, une omniprésence qui finit par agacer profondément Bob Marley.
L’auteur, piqué au vif, se rend même en personne dans les locaux de la plus grande radio locale pour menacer un animateur — un esclandre qui poussera ce dernier à porter plainte auprès de la police.
Malgré cette tension insulaire initiale, l’histoire se finira par une réconciliation artistique et des marques de respect mutuel.
Dans son autobiographie, Eric Clapton révélera en effet que Bob Marley a fini par lui confier, avec le temps et la sagesse, qu’il appréciait tout particulièrement sa version.




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