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ELVIS PRESLEY

Hound dog

Le disque

Fiche technique

Sortie
13 juillet 1956
Référence
RCA VICTOR ‎– 47-6604
Paroles et musique
Jerry Leiber et Mike Stoller
Enregistrement
le 2 juillet 1956 aux Studios RCA de New-York, aux États-Unis
Chant et guitare
Elvis Presley
Guitare
Scotty Moore (il est aussi ingénieur du son et a sorti en 1964 un album solo instrumental intitulé The Guitar That Changed The World)
Contrebasse
Bill Black
Batterie
D.J. Fontana
Chœurs
The Jordanaires composés de Bill Matthews, Hoyt Hawkins et Monty Matthews. Il furent les choristes d'Elvis Presley de 1956 à 1972.
Les coulisses de : Hound dog

Tout commence en 1952 sous la plume du tandem des auteurs Jerry Leiber et Mike Stoller, avec la collaboration de Johnny Otis — un rôle de co-créateur qui, curieusement, sera omis des crédits originaux du disque. Le 13 août de cette même année, c’est la puissante Big Mama Thornton, de son vrai nom Willie Mae Thornton, qui entre en studio pour graver cette chanson.

Sa version, baignée d’un authentique esprit rhythm and blues, est notamment portée par le mémorable solo de guitare de Pete Lewis. Lorsque le disque arrive enfin dans les bacs en février 1953, l’accueil est immédiat : ce morceau se classe rapidement en tête des hit-parades américains.

Pour toute rétribution de cette performance historique, Big Mama Thornton ne touchera que 500 dollars, sans voir la couleur du moindre centime en royalties. Le succès de ce blues subversif ne tarde pas à inspirer d’autres horizons musicaux.

Dès 1953, Hound dog fait l’objet de nombreuses reprises sur des teintes country par une myriade d’artistes, parmi lesquels Billy Starr, Tommy Duncan, Eddie Hazelwood, Jack Turner, Cleve Jackson, ainsi que Little Esther. Mais le véritable tournant musical s’opère en 1954, lorsque le groupe Freddie Bell & The Bellboys s’empare du morceau pour en livrer la toute première relecture ouvertement rock’n’roll.

C’est cette adaptation précise qui, en avril 1956, frappe les oreilles d’un jeune chanteur en pleine ascension lors de son passage à Las Vegas : Elvis Presley. Séduit, le futur King décide à son tour de s’approprier ce morceau.

Il l’interprète pour la première fois à la télévision le 5 juin 1956 sur la scène du Milton Berle Show, juché sur des paroles habilement retravaillées. Quelques semaines plus tard, c’est dans la matinée du 2 juillet 1956 qu’Elvis fixe définitivement sa version sur vinyle lors d’une session d’enregistrement aux Studios RCA de New York.

Ces apparitions télévisées entrent instantanément dans la légende, autant pour la musique que pour la gestuelle du chanteur.

Lors de ses prestations, Elvis s’adonne à des danses aux déhanchements extrêmement suggestifs.

Une liberté corporelle qui provoque l’ire et l’indignation des ligues conservatrices, certaines voix allant jusqu’à déclarer publiquement que cette musique ne convient pas à un public familial.

Face à la polémique, les différentes chaînes de télévision prennent la décision radicale de ne plus filmer le King qu’au-dessus de la ceinture.

Le 18 août 1956, le 45 tours débarque dans les bacs avec un statut inversé par rapport aux attentes habituelles.

Elvis Presley en enregistrement

C’est en effet sa face A, Don’t be cruel, qui s’empare de la première place des ventes aux États-Unis pour y trôner durant onze semaines consécutives.

Sa face B, Hound Dog, réalise pourtant un parcours exceptionnel, s’accrochant solidement à la deuxième place des classements musicaux américains de l’époque et s’inscrivant à jamais au panthéon de la culture populaire.

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