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DIRE STRAITS

Money for nothing

Le disque

Fiche technique

Sortie
24 juin 1985
Référence
WARNER BROS. RECORDS - 7-28950
Paroles et musique
Mark Knopfler et Sting
Enregistrement
en novembre 1984 aux Air Studios de l'île antillaise de Montserrat, dans les Caraïbes
Chant et guitare
Mark Knopfler
Basse
John Illsley
Claviers
Alan Clark et Guy Fletcher
Batterie
Omar Hakim
Chœurs
Sting
Ingénieur du son
Neil Dorfsman
Producteurs
Mark Knopfler et Neil Dorfsman
Les coulisses de : Money for nothing

L’histoire de cette chanson commence en 1984 dans un magasin d’électroménager new-yorkais. Alors qu’il déambule au rayon des téléviseurs, Mark Knopfler tombe sur plusieurs écrans branchés sur la chaîne MTV.

Devant lui, un livreur en chemise à carreaux, coiffé d’une casquette de baseball et chaussé de bottes de travail, commente bruyamment ses conditions de livraison avec un collègue. Fasciné par leur phrasé et leur gouaille, le chanteur et guitariste de Dire Straits ne perd pas une miette de la scène.

Il emprunte aussitôt un bout de papier et jette sur le vif les premières paroles de ce qui va devenir un tube planétaire, retranscrivant presque mot pour mot la conversation des deux employés. De retour en studio, Mark Knopfler a une idée lumineuse pour les chœurs : il veut la voix de Sting.

Il le contacte avec une exigence précise, lui soufflant la célèbre ligne mélodique « I want my MTV », empruntée au tube Don’t Stand So Close To Me de son ancien groupe The Police, paru en septembre 1980. En novembre de la même année, Sting, alors en vacances bien méritées dans les Caraïbes, plie bagage pour rejoindre le groupe au Air Studios, sur l’île antillaise de Montserrat, afin de poser sa voix sur ce qui s’annonce déjà comme un morceau hors norme.

Pour l’habillage instrumental de ce futur brûlot, Mark Knopfler formule un souhait précis auprès de l’ingénieur du son Neil Dorfsman : il veut un son de guitare « à la ZZ Top », évoquant directement l’efficacité redoutable de titres comme Gimme All Your Lovin’.

Pour y parvenir, il dégaine une guitare Les Paul ’59 reissue de 1984 — dont le numéro de série, 12849, coïncide curieusement avec sa date de naissance, le 12 août 1949 — qu’il branche en direct dans un amplificateur Marshall JTM45, sans aucun artifice superflu.

C’est alors qu’un heureux accident se produit : un technicien décale par mégarde le micro chargé de capter l’ampli, provoquant un très léger effet hors-phase.

En découvrant le rendu brut, Knopfler s’exclame aussitôt : « Ne touchez plus à rien, c’est exactement ce son-là que je cherchais ! » Le résultat donne un morceau d’une durée totale de plus de 8 minutes, qui s’impose rapidement comme le deuxième single extrait de Brothers In Arms, le cinquième album studio de Dire Straits sorti le 13 mai 1985.

Porté par un clip vidéo pionnier et révolutionnaire pour l’époque — l’un des tout premiers à utiliser l’animation 3D par ordinateur pour illustrer le regard critique de la chanson sur l’industrie musicale et les clips —, l’album cartonne.

Il s’écoule à plus de 2 millions d’exemplaires en France et franchit la barre astronomique des 30 millions d’exemplaires à travers le monde.

Le succès public ne tarde pas non plus à se traduire dans les charts.

Aux États-Unis, Money for Nothing s’empare de la première place du classement et y reste solidement accroché durant trois semaines, avant de décrocher en 1986 le Grammy Award de la meilleure performance vocale rock par un duo ou un groupe.

En France, le titre s’invite dans le cœur du public en restant classé 16 semaines consécutives au Top 50, du 19 octobre 1985 au 1er février 1986, atteignant sa plus belle position à la 34e place le 16 novembre 1985.

Mais le triomphe de la chanson s’accompagne aussi de polémiques.

En raison de l’utilisation du terme « faggot » — l’équivalent anglais péjoratif de « tapette » —, le texte est rapidement jugé homophobe.

Face aux critiques, Mark Knopfler se résout à modifier légèrement les paroles lors des concerts quelques mois plus tard.

L’ombre de la censure plane d’ailleurs durablement sur le morceau : en 2011 encore, la version originale de Money for Nothing se retrouve purement et simplement interdite d’antenne sur certaines radios canadiennes à cause de ce même mot controversé.

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