Belle
Fiche technique
- Sortie
- 1998
- Référence
- POMME MUSIC - 996 101
- Paroles et musique
- Luc Plamandon et Richard Cocciante
- Enregistrement
- au studio Music Village, de Rome, en Italie
- Chant
- Daniel Lavoie, Patrick Fiori et Garou
- Arrangements
- Jannick Top et Serge Perathoner
- Basse
- Jannick Top
- Batterie
- Claude Salmieri
- Guitare
- Claude Engel
- Claviers
- Serge Perathoner
- Percussions
- Marc Chantereau
- Ingénieurs du son
- Grace Brown, Franco Patrigniani et Manu Guiot
- Producteurs
- Charles Talar et Loulling Systeme
- Photographe
- Max Colin
Cette chanson est l’un des plus grands tubes de la décennie 90, un succès construit au fil des ans. L’idée de transformer Notre-Dame de Paris en comédie musicale remonte à la fin de l’année 1992, lorsqu’après le décès de Michel Berger, Luc Plamondon décide de poursuivre cette idée commune de faire une autre comédie musicale à la suite du succès de l’opéra-rock Starmania.
Le spectacle est directement inspiré du roman historique de Victor Hugo. Publié en 1831, ce chef-d’œuvre de la littérature française s’étale sur 600 pages et cinquante-neuf chapitres répartis en onze livres. L’intrigue prend racine au cœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris elle-même, ce monument dont la construction s’est étendue sur environ deux siècles à l’initiative de l’évêque Maurice de Sully.
Sur le plan de l’écriture, c’est un soir, en repensant au film Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy, et notamment à la scène où Anthony Quinn demande de l’eau à Esmeralda en lui criant Belle, que le parolier commence à écrire les premières lignes de la chanson. Le texte de Belle — qui se rapporte précisément au chapitre 6 du huitième livre — est signé Luc Plamondon. Pour la musique, l’auteur s’associe au compositeur Richard Cocciante.
Au tout début du processus, ce dernier confie pourtant un certain doute, habité par la peur légitime de ne pas se montrer à la hauteur de l’œuvre monumentale de Victor Hugo. Il faut dire que Richard Cocciante avait déjà élaboré cette mélodie en prévision d’un grand projet, ressortant des cartons une musique qu’il gardait précieusement pour une grande occasion. C’est ainsi que la chanson naît en 1993. Un travail de longue haleine s’engage alors : Luc Plamondon et Richard Cocciante planchent durant trois années complètes pour accoucher du résultat que l’on connaît aujourd’hui.
Le reste de l’œuvre suit et le casting se met en place. Le jeune chanteur canadien du groupe The Intouchables est auditionné avec succès pour le rôle de Quasimodo. Belle est ainsi interprété par un trio : Garou prête sa voix rauque au bossu et sonneur des cloches ; Daniel Lavoie incarne l’archidiacre Claude Frollo aux tourments sombres ; enfin, Patrick Fiori endosse le costume de Phœbus, le jeune chevalier. Les trois hommes prennent, tour à tour, la parole pour déclamer leur fascination amoureuse pour Esméralda, la bohémienne accusée de sorcellerie, interprétée par Hélène Ségara. Fidèle à l’esprit du livre original de Victor Hugo, le texte dissimule subtilement de nombreuses métaphores sexuelles qui traduisent la passion dévorante des personnages.
Concernant le casting, Patrick Fiori se souvient ainsi, au micro d’Europe 1, que le jour de ses auditions, il était affublé d’une forte grippe et se trouvait dans un drôle d’état. Il interprète Belle puis s’en va, persuadé d’avoir tout raté et de ne pas être retenu, d’autant plus qu’il n’a vu absolument rien transparaître sur les visages et dans les yeux de Luc Plamondon et Richard Cocciante, impassibles lors de cet essai décisif.
Le pari s’avère pourtant gagnant au-delà de toutes espérances. La première du spectacle Notre-Dame de Paris se déroule le 16 septembre 1998 au Palais des Congrès de Paris. À la fin de cette prestation inaugurale, Patrick Fiori lâche à ses comparses « On n’est pas à l’abri d’un succès ».
Trois mois après sa sortie dans les bacs et quelques jours après la première de la comédie musicale au Palais des congrès de Paris, le titre Belle accède à la première place des ventes de 45 tours en France.
Le succès ne connaît pas de frontières : traduit en neuf langues, Notre-Dame de Paris est joué dans une vingtaine de pays à travers le monde. En France, Belle s’impose durant soixante semaines consécutives dans le classement des 100 meilleures ventes de singles, dont dix-huit en première position, franchissant le cap des 2 500 000 exemplaires écoulés en quelques mois. Pour couronner le tout, Belle est couronnée chanson de l’année aux Victoires de la musique 1999.
Face à cette déferlante internationale, une version anglophone voit également le jour, interprétée par Steve Balsamo, Garou et Daniel Lavoie. Patrick Fiori, quant à lui, cède sa place pour cet enregistrement spécifique en raison de son incapacité à parler anglais couramment.




À découvrir aussi
Quelques autres histoires de chansons à parcourir.






