Bienvenue sur Histoire Des Chansons. Des millions de chansons... Toutes leurs histoires et anecdotes par Fabrice Lafitte.
COOLIO FEATURING L.V.

Gangsta’s paradise

Le disque

Fiche technique

Sortie
1995
Référence
MCA RECORDS ‎– MCD 33593
Paroles et musique
Coolio, Doug Rasheed, Larry Sanders et Stevie Wonder
Enregistrement
en 1995
Chant
Coolio et L.V.
Producteur
Doug Rasheed
Les coulisses de : Gangsta’s paradise

Le monde de la musique a pleuré la disparition du rappeur américain Coolio, décédé le jeudi 29 septembre 2022 à l’âge de 59 ans. Né Artis Leon Ivey Jr.

Coolio

le 1er août 1963 à Monessen, en Pennsylvanie, l’artiste s’était forgé son pseudonyme insolite grâce à une boutade de jeunesse : un ami lui avait fait remarquer que sa voix rappelait celle du crooner espagnol Julio Iglesias, transformé pour l’occasion en Coolio Iglesias, puis simplement Coolio.

C’est pourtant loin de ses racines pennsylvaniennes qu’il grandit, au cœur des banlieues défavorisées de Los Angeles. Entre petits larcins et son appartenance passée au gang des Baby Crips, sa trajectoire aurait pu mal tourner, mais sa passion viscérale pour la musique et le rap agira comme une bouée de sauvetage.

Après des débuts prometteurs, il publie en 1994 son premier album studio, It Takes a Thief. L’année suivante, il franchit un cap décisif.

Gangsta’s Paradise s’impose d’abord comme le titre éponyme de son deuxième album studio, qui parait le 2 octobre 1995. À l’origine, ce morceau a pourtant été taillé sur mesure pour la bande originale du film Esprits rebelles, porté par Michelle Pfeiffer dans le rôle principal, dont la sortie américaine est fixée au 11 août 1995, avant une diffusion européenne débutant le 7 février 1996.

Dès le printemps 1994, Coolio planche sur l’écriture de cette future fresque sombre et poignante.

Pour asseoir sa rythmique et son atmosphère, il jette son dévolu sur un classique de 1976 : Pastime Paradise de Stevie Wonder.

Encore faut-il obtenir le précieux sésame. Coolio adresse sa maquette à Stevie Wonder, mais le verdict tombe comme un couperet :

Stevie Wonder refuse net que sa composition originale serve pour illustrer un film de gangster.

Le projet semble au point mort. C’est finalement grâce à un concours de circonstances et à une bonne dose de diplomatie que la situation se débloque.

Par un heureux hasard, la petite amie de Coolio se trouve liée au frère de Stevie Wonder, qui accepte de jouer les intercesseurs entre les deux camps.

Stevie Wonder finit par plier, mais pose deux conditions strictes : toutes les insultes doivent être bannies du texte, et il exige de percevoir 95 % des droits d’auteur.

Privé de réelles alternatives, Coolio s’exécute, repense sa copie et livre une version plus édulcorée mais d’une intensité redoutable.

Il peaufine l’enregistrement dans son home studio, en s’associant avec L.V. (de son vrai nom Larry Sanders), qui pose sa voix inoubliable sur le refrain en reprenant l’essence mélodique de l’œuvre de Stevie Wonder.

L’histoire donnera largement raison à l’acharnement du rappeur.

La consécration ultime tombe en 1996, lorsque Gangsta’s Paradise décroche le Grammy Award de la meilleure performance de rap solo.

Une revanche éclatante sur le destin pour l’ancien enfant des rues de Los Angeles.

De plus, Gangsta’s Paradise s’écoule à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde, devenant l’une des chansons les plus vendues de l’année 1995.

À découvrir aussi

Quelques autres histoires de chansons à parcourir.