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CHRISTIAN VIDAL

Angélique

Le disque

Fiche technique

Sortie
octobre 1973
Référence
VOGUE - VB.4301
Paroles et musique
Armath (Roland Verlooven) et Jean-Claude Albin
Enregistrement
en 1973 au studio Paul Leponce à Bruxelles, en Belgique
Chant
Christian Vidal
Ingénieur du son
Jean-Marc Geuens
Photographe
Jean-Claude Albin
Les coulisses de : Angélique

Au printemps 1973, un vent de fraîcheur souffle sur la variété francophone. Avec la sortie de Angélique, un jeune chanteur bruxellois de 23 ans s’apprête à connaître une ascension fulgurante. Pourtant, rien ne prédestinait Christian Vidal à un tel destin.

Ancien chanteur des Snakes, un groupe de bal très populaire dans la capitale belge, il est repéré par Roland Verlooven — le directeur artistique de Vogue Belgique, plus connu sous le pseudonyme d’Armath. C’est à la suite d’une recommandation soufflée par un ami saxophoniste que le jeune artiste décroche une audition décisive au studio Paul Leponce, face à un Armath en quête de nouveaux talents. Ce jour-là, pour convaincre l’équipe artistique, Christian Vidal choisit de revisiter un classique de Tom Jones, The Green Green Grass of Home.

L’essai est transformé : le label lui fait immédiatement signer un contrat de cinq ans. Une première tentative discographique voit le jour avec le 45 tours Un peu de sympathie, mais le succès ne bat pas encore les piques escomptées. L’histoire s’accélère véritablement lorsque le tandem élabore Angélique, un slow romantique et mélancolique signé Jean-Claude Albin pour les paroles et Armath pour la composition.

La confection de la chanson prend forme au cœur même de Bruxelles, dans ce fameux studio Paul Leponce — une structure intime installée à l’arrière d’une maison familiale où, dix ans plus tôt, une certaine Sœur Sourire avait déjà gravé ses mélodies. Au début de l’année 1973, le réalisateur artistique orchestre l’enregistrement de manière minutieuse, bâtissant le morceau strate par strate. Les musiciens défilent tour à tour pour fixer la rythmique, envelopper le tout avec des cuivres chaleureux, des violons poignants, des chœurs harmonieux, avant de poser en toute fin de parcours la voix fragile et expressive de Christian Vidal.

Pourtant, le démarrage est loin d’être un long fleuve tranquille. À l’écoute des maquettes, les vendeurs, les commerciaux et les professionnels de la profession opposent un accueil pour le moins mitigé. C’est uniquement grâce à la ténacité de Roger Meylemans, le patron de Vogue Belgique, épaulé par Léon Cabas, directeur de la puissante société Vogue France, que la situation bascule.

Une vaste machine promotionnelle est déployée de part et d’autre de la frontière. Porté par les ondes puissantes d’Europe 1 et de RTL, Angélique finit par s’imposer durablement au sommet des hit-parades. Ce disque s’écoule à plus de 1,6 million d’exemplaires et s’octroie la première place des classements musicaux français durant sept semaines consécutives.

À sa sortie, le triomphe du titre provoque en effet de vives tensions lors des tournées, notamment avec Michel Orso. Ce dernier, qui avait connu le succès avec une chanson homonyme en 1966, ne cache pas son amertume et sa jalousie face à cette nouvelle déferlante baptisée également Angélique.

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