Rosetta
Fiche technique
- Sortie
- février 1972
- Référence
- RIVIERA - 121 407 L
- Paroles et musique
- Patricia Carli
- Enregistrement
- fin 1971 aux Studios Barclay, avenue Hoche à Paris
- Chant
- Christian Delagrange
- Orchestre
- Jean Bouchéty
- Ingénieur du son
- Francis Miannay
- Photographe
- Alain Marouani
Né le 28 juillet 1947 à Rabat, au Maroc, Christian Delagrange fait ses premiers pas dans l’univers musical en 1964 sous le pseudonyme de Chris Gallbert. Ses débuts s’annoncent prometteurs : un an plus tard à peine, le jeune chanteur se retrouve à l’affiche du prestigieux Palais d’hiver de Lyon, où il assure la première partie de légendes telles que les Beatles lors de leur tournée française en 1965, puis de Jacques Brel.
Cette rampe de lancement le conduit à enregistrer ses tout premiers 45 tours sous le label Decca. Au tournant des années 70, le tournant artistique s’accélère lorsque Christian Delagrange change de maison de disques pour signer chez Riviera. C’est au sein de cette nouvelle écurie que Léo Messir, le directeur artistique du label, va sceller son destin. Il lui présente Patricia Carli, une artiste et auteur-compositrice franco-belge qui a connu les fastes du succès quelques années plus tôt en signant déjà des succès pour Mireille Mathieu, Dalida et Daniel Guichard, et qui met désormais son talent au service d’autres interprètes. C’est elle qui souhaite sortir Christian Delagrange de son univers rock’n’roll car elle a repéré en lui, grâce à son physique de play-boy, le séducteur idéal pour attendrir le public féminin.
Deux jours après cette rencontre, Patricia Carli soumet une mélodie à Christian Delagrange : Rosetta. Pourtant, le coup de foudre n’est pas immédiat. Christian Delagrange n’est absolument pas convaincu par ce morceau qu’il trouve un peu trop guimauve et passablement vieux jeu. Il demande alors ingénument s’il est possible de remplacer ce prénom par celui de son auteur, Patricia. Mais comme Patricia Carli est l’épouse de Léo Missir, son producteur, il est préférable d’éviter toute ambiguïté et de conserver Rosetta. De toute façon, le chanteur n’a guère le loisir de refuser : à cette époque, il ne roule pas sur l’or et vit dans un minuscule appartement sous les toits, dépourvu d’eau et de chauffage.
L’accord est scellé et l’heure de l’enregistrement sonne. C’est à la fin de l’année 1971, dans les Studios Barclay situés avenue Hoche à Paris, que Christian Delagrange met en boîte Rosetta. Au moment d’entrer en studio, alors que Patricia Carli et Christian Delagrange marchent près des consoles, l’arrangeur Jean Bouchéty s’écrie sur un ton cordial (Bonjour ma chère Rosetta), révélant ainsi malencontreusement le véritable prénom de l’auteur-compositrice.
Lorsque ce 45 tours arrive enfin chez les disquaires en février 1972, c’est l’explosion : Rosetta s’envole dans les hit-parades et remporte un succès populaire phénoménal, propulsant instantanément Christian Delagrange au rang de vedette de la chanson française. En mai 1972, le disque tourne en boucle et les ventes décollent fortement pour s’installer durablement au sommet des meilleures ventes en France. À vingt-cinq ans, le jeune artiste devient rapidement le chouchou de ces dames, lui qui avait débuté sa carrière sept ans plus tôt sous le pseudonyme de Chris Galibert en se produisant notamment en première partie.




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