Bienvenue sur Histoire Des Chansons. Des millions de chansons... Toutes leurs histoires et anecdotes par Fabrice Lafitte.
BOB MARLEY

No woman no cry

Le disque

Fiche technique

Sortie
25 octobre 1974
Référence
RCA VICTOR - 86.029
Paroles et musique
Vincent Ford
Enregistrement
en 1974 au Island Studio de Kingston, en Jamaïque
Chant et guitare
Bob Marley
Guitare
Al Anderson
Basse
Aston Barrett
Batterie
Carlton Barrett
Claviers
Earl Lindo
Harmonica
Lee Jaffe
Saxophone
Tommy McCook et Glen Da Costa
Trombone
Vin Gordon
Trompette
David Madden
Percussions
Alvin Patterson
Chœurs
Rita Marley, Judy Mowatt et Marcia Griffiths
Les coulisses de : No woman no cry

Au cœur des ruelles poussiéreuses de Trenchtown, quartier pauvre et bouillonnant de Kingston, la capitale de la Jamaïque, Bob Marley partage son quotidien avec sa compagne Rita Anderson – future Rita Marley – et son meilleur ami, Vincent Ford. N’ayant pour toute richesse que leurs pieds pour marcher dans les rues du ghetto, ils traversent des années de galère qui forgeront à jamais l’âme du futur King du reggae.

C’est de cette époque de pauvreté et de fraternité que naît l’une des plus grandes chansons du XXe siècle. Pourtant, loin de chercher la gloire personnelle, Bob Marley fait un choix bouleversant : il cède les crédits et les droits d’auteur de No Woman, No Cry à Vincent Ford (1940-2008).

Grâce à cette générosité, ce dernier pourra financer et assurer la survie de la soupe populaire qu’il a créée à Trenchtown pour nourrir les plus démunis. Derrière ce geste profondément altruiste se cache aussi une stratégie mûrement réfléchie : à cette même période, le chanteur est en plein bras de fer juridique avec son ancienne maison d’édition, Cayman Music.

Son ex-manager, Danny Sims, intentera d’ailleurs plus tard une action en justice pour s’approprier les redevances et les droits de propriété du morceau, affirmant que Bob Marley en était l’unique auteur. En 1987, un tribunal tranchera définitivement en donnant tort à Danny Sims.

Contrairement à une idée reçue très répandue, le titre ne signifie pas « Non, la femme, ne pleure pas » en anglais, ce qui donnerait un contresens. Il est directement issu d’une expression jamaïcaine, « no woman, nuh cry », qui se traduit en créole local par : « Femme, ne pleure pas ».

Le morceau trouve sa place sur l’album Natty Dread, sorti le 25 octobre 1974. Un disque charnière pour Bob Marley, qui doit alors composer avec le départ de ses précieux musiciens Peter Tosh et Bunny Wailer, préférant quitter l’aventure musicale commune.

Anecdote amusante, l’album devait initialement s’intituler Knotty Dread, avant qu’Island Records n’opte pour l’orthographe Natty Dread.

À sa sortie, ce 45 tours passe pourtant presque inaperçu dans les charts et les radios.

Il faudra attendre l’année suivante pour que le destin bascule.

Enregistrée en public au Lyceum Theatre de Londres, en Angleterre, le 17 juillet 1975, la version « live » de No Woman, No Cry propulse Bob Marley vers un succès planétaire instantané, transformant cette complainte des ghettos jamaïcains en un hymne universel à la résilience et à l’espoir.

À découvrir aussi

Quelques autres histoires de chansons à parcourir.