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BOB DYLAN

Blowin’ in the wind

Le disque

Fiche technique

Sortie
27 mai 1963
Référence
COLUMBIA ‎– 4 42856
Parole et musique
Bob Dylan
Enregistrement
le 9 juillet 1962 aux studios Columbia de New York, aux États-Unis
Chant, guitare, harmonica et claviers
Bob Dylan
Guitare
Bruce Langhorne et Howard Collins
Basse
Leonard Gaskin et George Barnes
Contrebasse
Gene Ramey
Piano
Dick Wellstood
Batterie
Herb Lovelle
Producteur
John H. Hammond
Les coulisses de : Blowin’ in the wind

Tout commence par un débat politique enflammé entre Bob Dylan et un ami aux opinions divergentes. C’est de cette discussion que naît l’étincelle.

Un après-midi d’avril 1962, à New York, le jeune auteur-compositeur s’installe sur un coin de table du café The Commons, dans le quartier bouillonnant de Greenwich Village. En une petite dizaine de minutes seulement, les paroles et la musique de Blowin’ in the Wind prennent vie, portées par une inspiration profondément enracinée dans un air traditionnel des esclaves noirs américains — plus précisément le chant d’émancipation No More Auction Block.

Le morceau à peine achevé, Dylan file au Gerde’s Folk City, un club new-yorkais où se produisent notamment le chanteur folk Gil Turner et son groupe, les New World Singers. Dans les coulisses, à l’entracte, il interprète sa toute fraîche composition à Gil Turner.

Gil Turner

Saisi par l’émotion et l’urgence du texte, ce dernier lui demande de lui en transmettre les accords sur-le-champ.

Quelques minutes plus tard, Gil Turner monte sur la scène du club et lance au public : « Mesdames et Messieurs, j’aimerais vous chanter maintenant une chanson de l’un de nos meilleurs auteurs-compositeurs.

L’encre n’est même pas sèche et voilà à quoi ça ressemble. » L’interprétation s’achève sous une ovation debout : le succès est immédiat.

Les New World Singers entrent d’ailleurs dans l’histoire en devenant les premiers à fixer le titre sur disque, l’enregistrant pour l’album Broadside Ballad en juin 1962.

De son côté, la version originale de Bob Dylan — où il assure le chant, la guitare, l’harmonica et les claviers — paraît le 27 mai 1963 sur son deuxième 33 tours, The Freewheelin’ Bob Dylan.

Mais le destin de cette chanson dépasse rapidement le cadre des clubs folk.

Repris par de grandes figures comme Joan Baez sur scène, le titre retient l’attention des mouvements pour les droits civiques aux États-Unis.

Avec cette œuvre, Bob Dylan devient, à seulement 21 ans, le porte-parole malgré lui d’une jeunesse en quête de justice et de paix.

Sa portée universelle séduit également d’immenses artistes tels que Stevie Wonder.

Quelques semaines après la sortie de l’album de Bob Dylan, c’est le trio Peter, Paul & Mary — également originaire de Greenwich Village — qui offre à la chanson une envergure planétaire le 18 juin 1963.

Leur version s’envole, s’écoulant à 300 000 exemplaires en l’espace de trois semaines, puis franchissant le cap des deux millions de singles vendus peu après.

La même année, la grande chanteuse américaine Odetta s’empare à son tour du répertoire sur son album Odetta sings folk songs.

En France, le titre traverse l’Atlantique grâce aux adaptations de Hugues Aufray et Graeme Allwright sous le nom Dans le souffle du vent, tandis que Marie Laforêt en propose une relecture anglophone.

Ce fulgurant succès ne va pas sans susciter quelques convoitises ou polémiques.

En novembre 1963, le magazine Newsweek sème le trouble en affirmant que Bob Dylan aurait en réalité acheté ce morceau pour 1 000 dollars à un jeune étudiant du New Jersey nommé Lorre Wyatt.

Il faudra attendre l’automne 1974 pour que le journal New Times réhabilite pleinement l’artiste au terme d’une enquête minutieuse.

Gravée dans la mémoire collective et érigée au rang de manifeste intemporel, la chanson est consacrée en 2003 par le prestigieux magazine Rolling Stone, qui la classe au 14e rang des meilleures chansons de tous les temps.

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