Rock around the clock
Fiche technique
- Sortie
- 20 mai 1954
- Référence
- DECCA – 9-29124
- Paroles et musique
- Jimmy De Knight et Max C. Freedman
- Enregistrement
- le 12 avril 1954 au Pythian Temple de New York, aux États-Unis
- Chant
- Bill Haley
- Contrebasse
- Marshall Lytle (1933/2013)
- Piano
- Johnny Grande (1930/2006)
- Guitare
- Danny Cedrone, mort à la fin de l'été 1954 d'une d'une fracture du cou après être tombé dans un escalier, quelques mois après l'enregistrement originel. Il avait 33 ans
- Batterie
- Billy Gussak (1920/1994)
- Saxophone
- Joey Ambrose (1934/2021)
- Producteur
- Milt Gabler
L’histoire de Rock Around the Clock débute à la fin de l’année 1952, lorsque Jimmy De Knight et Max C. Freedman unissent leurs talents pour composer ce morceau.
Pour en signer le titre, ils s’inspirent directement de The Syncopated Clock, une œuvre écrite par Leroy Anderson en 1945 alors qu’il servait dans l’armée américaine. Nous sommes alors encore très loin du monument du rock ‘n’ roll que nous connaissons aujourd’hui.
D’ailleurs, une chanson présente d’étranges similitudes mélodiques et rythmiques avec le futur tube : Move It on Over, enregistrée par Hank Williams en 1947.
La toute première version officielle de Rock Around the Clock voit le jour le 20 mars 1954 sous l’impulsion du groupe italo-américain Sonny Dae and His Knights. Dans cette interprétation inaugurale, le morceau conserve son appellation initiale : We’re Gonna Rock Around the Clock Tonight!. C’est quelques semaines plus tard, le 12 avril 1954, que Bill Haley et ses musiciens, les Comets, entrent à leur tour en studio pour graver leur propre version au Pythian Temple de New York.
Pour cette session historique, les musiciens touchent un cachet modeste de 31 dollars, alors que le salaire moyen aux États-Unis s’établit à 3,6 dollars de l’heure. Le charismatique chanteur décide de raccourcir le titre en Rock Around the Clock soit « Rock autour de l’horloge » en français dans le texte. Le temps est compté dans le studio new-yorkais :
Le groupe n’a droit qu’à deux prises, pour une durée totale de trente minutes.

La première tentative est gâchée par un déséquilibre technique où la voix de Bill Haley se retrouve totalement noyée sous les instruments, mais la seconde se révèle nettement supérieure.
L’ingénieur du son réalise finalement un mix des deux prises.
Il faut faire vite car Sammy Davis Jr. patiente déjà à l’extérieur pour enregistrer à son tour.
Avant de devenir l’hymne d’une génération, ce futur classique sort d’abord dans l’anonymat en face B du 45 tours Thirteen Women.

Le 24 mai 1954, le disque fait une brève apparition à la 23ème position des ventes aux États-Unis avant de disparaître des classements dès la semaine suivante.
Malgré une campagne de publicité orchestrée dans la presse américaine, le single passe totalement inaperçu et ne s’écoule qu’à 75 000 exemplaires.
Le destin du morceau bascule radicalement en 1955 lorsqu’il est choisi pour illustrer la bande originale du film Graine de violence (intitulé Blackboard Jungle en version originale).
C’est Jimmy De Knight, agissant en tant que conseiller technique sur ce long métrage dramatique avec Glenn Ford consacré à la délinquance juvénile, qui se souvient avoir acheté le microsillon quelques mois plus tôt et le suggère au réalisateur Richard Brooks.
Porté par le succès du film en salles en mars 1955, Bill Haley en profite pour réenregistrer son titre au mois de mai de la même année.

Le succès est cette fois assourdissant :ce morceau s’empare de la première place du Billboard Hot 100 et y s’installe durant huit semaines consécutives.
C’est un événement historique, marquant la toute première fois qu’un disque de rock ‘n’ roll atteint le sommet d’un hit-parade américain.
Entre passionnés, une astuce infaillible permet de reconnaître entre mille la version originale enregistrée par Bill Haley :
elle dure exactement deux minutes et huit secondes, pas plus, pas moins.
Au fil des décennies, Rock Around the Clock est réenregistré à plusieurs reprises par son interprète et s’écoule, en un peu plus de soixante ans, à plus de 30 millions d’exemplaires à travers le monde.
Sa portée culturelle traverse les époques, servant notamment de thème musical principal aux deux premières saisons de la célèbre série télévisée Happy Days, immortalisée par Henry Winkler dans le rôle de Fonzie et Ron Howard dans celui de Richie.

Derrière ce tube immortel se trouve un artiste pionnier : William John Clifton Haley, plus connu sous le nom de Bill Haley, né le 6 juillet 1925 à Highland Park dans le Michigan, avant de débuter sa carrière dans la musique country et western sous la bannière des Saddlemen.

Il s’éteint le 9 février 1981 à Harlingen, au Texas, en laissant derrière lui l’un des plus grands catalyseurs de la révolution rock de l’histoire de la musique.

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