Rain and tears
Fiche technique
- Sortie
- 1968
- Référence
- MERCURY - 132.501 MCE
- Paroles et musique
- Boris Bergman, Evangelos Papathanassiou et Johann Pachelbel
- Enregistrement
- en mai 1968 au studio Blanqui à Paris
- Chant et basse
- Demis Roussos
- Chant et batterie
- Lucas Sideras
- Chant et claviers
- Evanghelos Papathanassiou
- Chœurs
- Claude Chauvet
- Ingénieurs du son
- Franck Giboni, Jacques-Yves Barral et Jean-Claude Charvier
- Producteur
- Pierre Sberro
- Photographe
- Claude Delorme
À la fin des années 1960, le trio grec Aphrodite’s Child jouit déjà d’une solide notoriété dans son pays natal. Mais le coup d’État des colonels fascistes bouleverse leurs destins.
En mai 1968, les musiciens décollent d’Athènes à bord d’un avion en direction de Londres, bien décidés à porter leur carrière au-delà des frontières. Pourtant, rien ne se passe comme prévu : lors d’une escale parisienne, leur vol se retrouve cloué au sol en raison d’une grève générale à durée indéterminée.
Faute d’avoir pu obtenir le précieux sésame de leur permis de travail pour l’Angleterre, les membres du groupe prennent une décision radicale et choisissent de s’installer en France. Leur maison de disques flairant le potentiel du groupe, elle leur propose rapidement d’enregistrer un slow.
Pour la mélodie, le claviériste Vangelis et ses compères lorgnent du côté de la musique classique, en s’inspirant directement du célèbre Sur Les Motifs Du Canon composé par l’organiste et compositeur allemand Johann Pachelbel, né le 1er septembre 1653 à Nuremberg et mort dans la même ville le 3 mars 1706. Pour habiller cette partition baroque, la jeune formation fait appel à Boris Bergman, un parolier prolifique crédité sur plus de 1 000 chansons, qui collaborera plus tard durablement avec Alain Bashung.
L’écriture se fait dans l’urgence absolue : Bergman pond les paroles en tout juste trente minutes, inspiré par un spectacle funèbre aperçu depuis la fenêtre de son bureau, alors qu’un cortège sort d’une église voisine. La pluie qui tombe (Rain) et les visages des endeuillés en pleurs (Tears) font naître le refrain universel du morceau.
L’enregistrement achevé, un nouveau défi logistique se dresse face à eux : les usines de pressage de disques sont elles aussi paralysées par les grèves de mai 68. L’équipe ne baisse pas les bras et finit par dénicher, au fond d’une arrière-boutique de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, une vieille machine de pressage laissée à l’abandon qu’elle parvient à relancer pour l’occasion.
Ce pari audoisieux s’avère payant. Extrait de l’album End Of The World, également paru en 1968, le 45 tours s’envole dans les charts et devient rapidement numéro un dans une multitude de pays : en France, en Belgique, en Italie, en Norvège, en Espagne, en Suède, en Suisse et aux Pays-Bas.
Consécration ultime, le disque est certifié Disque d’Or après avoir franchi le cap mythique du million d’exemplaires vendus.
Ce raz-de-marée mélodique inspire immédiatement la scène hexagonale.
Dès cette même année 1968, deux adaptations françaises voient le jour : Tout s’en va déjà, chantée par Alain Barrière, et Quelques larmes de pluie, interprétée par Dalida.
L’empreinte de la structure harmonique de Pachelbel traversera d’ailleurs les décennies, puisque Michel Sardou l’utilisera à son tour pour composer les variations du refrain de son tube La Maladie d’Amour.
Fondé en Grèce en 1966, Aphrodite’s Child réunissait à l’origine Vangelis, Demis Roussos (1946-2015), Lucas Sideras et Silver Koulouris.
Malgré un succès fulgurant à l’échelle européenne, l’aventure du groupe s’arrêtera prématurément avec une séparation prononcée en 1971, laissant derrière elle des hymnes intemporels ancrés à jamais dans l’histoire de la pop.




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