Bienvenue sur Histoire Des Chansons. Des millions de chansons... Toutes leurs histoires et anecdotes par Fabrice Lafitte.
ALAIN BASHUNG

Osez Joséphine

Le disque

Fiche technique

Sortie
novembre 1991
Référence
BARCLAY - 865 002-7
Paroles et musique
Jean Fauque et Alain Bashung
Enregistrement
entre juillet et septembre 1991 aux ICP Recording Studios de Bruxelles, en Belgique et aux Studios Ardent de Menphis, aux États-Unis
Chant
Alain Bashung
Guitare
Sonny Landreth
Guitare et mandoline
Bernie Leadon
Orgue
Ron Levy
Batterie
Ken Blevins
Ingénieur du son
Philippe Delire
Producteurs
Éric Clermontel et Marc Antoine
Photographe
Jean-Baptiste Mondino
Les coulisses de : Osez Joséphine

Novembre 1991. Alain Bashung frappe un grand coup sur la scène musicale française avec la sortie du single Osez Joséphine, premier extrait de son huitième album studio éponyme qui s’écoulera à plus de 300 000 exemplaires en France.

Cocréée avec son fidèle complice Jean Fauque pour les paroles et la musique, cette œuvre fondatrice trouve ses racines dans un télescopage d’actualité et d’intime. Tout commence le 9 novembre 1989 à La Celle-Saint-Cloud, dans les Yvelines.

Plantés devant leur écran de télévision, Bashung et Jean Fauque assistent médusés à la chute du mur de Berlin et au vent de liberté qui souffle alors sur l’Allemagne. Saisis par l’évènement, le chanteur attrape une feuille volante et griffonne ces quelques vers prémonitoires : « Osez causer du Caucase, osez vos oukazes ».

L’étincelle politique et poétique est allumée. Quelques jours plus tard, un dîner chez son batteur Philippe Draï va donner son âme à la chanson.

Bashung croise la route de la fille de ce dernier, une petite Joséphine de quatre ans, particulièrement timide. En s’approchant d’elle, il lui murmure : « Ah, si j’osais Joséphine ».

Le titre de sa future chanson vient de s’imposer à lui comme une évidence. L’inspiration est d’autant plus forte que la propre sœur du père d’Alain se prénomme également Joséphine ; femme de tête et féministe avant l’heure, elle incarnait dans les années 50 cet esprit d’absolue liberté qu’affectionnait tant l’artiste.

Si une première maquette voit le jour dans un studio de la région parisienne, la production initiale laisse Bashung sur sa faim. La texture musicale manque cruellement de relief.

Qu’à cela ne tienne : quelques semaines plus tard, toute l’équipe s’envole pour Memphis, direction les mythiques studios Ardent où grava jadis Elvis Presley. Ce voyage au cœur du berceau du blues, du rock et de la country s’apparente pour le musicien à un véritable pèlerinage, jalonné de visites aux non moins célèbres studios Sun et à Graceland, la demeure du King.

Sur place, Bashung s’adjoint les services de Bernie Leadon, l’ancien guitariste des Eagles, dont le jeu de guitare imprègne le morceau de cette patine américaine si singulière.

De retour en Europe, l’épopée s’achève à Bruxelles.

C’est là que l’ingénieur du son Philippe Delire a l’inspiration décisive d’ajouter des violons voluptueux sur le refrain, drapant le morceau d’une élégance intemporelle qui tranche avec les arrangements synthétiques de la décennie précédente.

Pour mettre en images cette chevauchée fantastique, Bashung fait appel à l’œil affûté de Jean-Baptiste Mondino.

Le clip met en scène un cheval galopant en rond dans une piste de cirque autour d’Alain Bashung et d’Azucena Caamaño — future compagne de Florent Pagny —, tous deux filmés dos à dos dans une atmosphère crépusculaire et fascinante.

Quant à la petite Joséphine Draï, muse involontaire de cette page majeure de la chanson française, elle troquera son statut d’enfant timide pour embrasser plus tard une belle carrière de comédienne.

À découvrir aussi

Quelques autres histoires de chansons à parcourir.