Gaby Oh! Gaby
Fiche technique
- Sortie
- février 1980
- Référence
- PHILIPS - 78 6172 310
- Paroles et musique
- Boris Bergman et Alain Bashung
- Enregistrement
- en janvier 1980 Studio Ferber, à Paris
- Chant
- Alain Bashung
- Basse
- Guy Delacroix
- Batterie
- Joe Hammer
- Guitare
- Patrice Tison
- Claviers
- François Bréant
- Saxophone
- Alain Hatot
- Producteur
- Claude Alvarez-Pereyre
- Ingénieur du son
- Dominique Blanc-Francard
- Photographe
- Jean-Baptiste Mondino
Nous sommes au début de l’année 1980. À 35 ans, Alain Bashung joue sa dernière carte.
Son précédent album, Roulette Russe, publié en mars 1979, s’est soldé par un échec commercial retentissant. Sa maison de disques, Barclay, lui accorde un dernier sursis sous la forme d’un unique single : en cas de nouvel insuccès, le contrat sera rompu.
Quittant les sentiers battus, le chanteur planche déjà sur un répertoire aux accents blues affirmés.
Parmi les maquettes en préparation, un titre intitulé Max Amphibie est initialement envisagé pour figurer en face B du single Ell’s’fait rougir toute seule.
En tendant l’oreille, on y décèle distinctement les prémices mélodiques et rythmiques de ce qui va devenir Gaby oh!
Gaby.
Pour ouvrir le bal, Bashung a une idée fixe : il veut cette texture de saxophone si particulière qu’il admire tant sur son morceau fétiche, Reminiscing de Buddy Holly, paru en février 1963.
C’est ainsi qu’en janvier 1980, l’équipe s’installe dans les mythiques Studios Ferber, nichés dans le 20e arrondissement de Paris.
Haut lieu de la création musicale, ces studios ont vu défiler des légendes telles que Cat Stevens, Frank Zappa, Nina Simone, Black Sabbath, Iggy Pop, Michel Petrucciani ou encore Serge Gainsbourg.

En perfectionniste acharné, Bashung peaufine son texte jusqu’à la dernière minute, raturant, corrigeant et réécrivant, hanté par l’impression qu’il manque encore un couplet crucial.
C’est alors que Boris Bergman, son complice de toujours et partenaire d’écriture depuis leur rencontre en 1975, profite d’une brève escapade du chanteur aux toilettes pour glisser une strophe provocante sur le papier : « Alors à quoi ça sert la frite si t’as pas les moules ?

Ça sert à quoi le cochonnet si t’as pas les boules ? » Connaissant leur habitude de surenchère verbale et de jeux de mots potaches, Bergman parie secrètement qu’Alain va buter sur cette proposition incongrue.
À son retour, Bashung éclate de rire et l’intègre telle quelle, validant définitivement le manuscrit.
Le texte cache d’ailleurs d’autres clins d’œil savoureux, notamment envers Charles Trenet : « Tu veux que je te chante la mer, le long, le long des golfes, pas très clairs ».
À sa sortie en février 1980, le parcours du 45 tours relève du parcours du combattant.
Jacky Jakubowicz, futur animateur du Club Dorothée alors attaché de presse de l’artiste, se bat durant près de sept mois, essuyant refus sur refus auprès des programmateurs radio.
Le vent tourne enfin le 16 août 1980, lorsque le morceau fait son entrée dans le hit-parade d’Europe 1, pour ne plus le quitter pendant dix-huit semaines consécutives.

Porté par ce raz-de-marée tardif, Gaby oh!
Gaby s’écoule à plus de 800 000 exemplaires, propulsant définitivement Bashung vers la lumière.
L’histoire de ce disque culte se poursuit des décennies plus tard : le 19 mai 2009, le disque d’or original du 45 tours est adjugé à 3 717 euros lors d’une vente aux enchères parisienne par son collectionneur.
Devenu un classique incontournable, le morceau sera par la suite intégré dans la réédition de l’album Roulette Russe dans sa version dite « Nouveau couplage », avant de s’inscrire durablement au panthéon de la chanson française.




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