Begin the beguine
Fiche technique
- Sortie
- 17 août 1938
- Référence
- BLUEBIRD - B-7746
- Paroles et musique
- Cole Porter
- Enregistrement
- le 24 juillet 1938 au Studio 2 de New York, aux États-Unis
- Orchestre
- Artie Shaw
Au milieu des années 1930, l’orchestre d’Artie Shaw traverse une période difficile et frôle le déclin. Pour ne rien arranger, la maison de disques Brunswick vient de rompre le contrat qui les liait, plongeant le clarinettiste dans l’incertitude.
Heureusement, RCA accepte de produire un nouveau 45 tours de la formation, sans pour autant croire au potentiel du morceau choisi : le label relègue ainsi la chanson en face B, derrière Indian love call.
À l’origine de cette composition se trouve le célèbre auteur-compositeur américain Cole Porter, né en 1891 et décédé en 1964.
C’est lors d’un séjour à Paris qu’il découvre la biguine, une danse antillaise haute en couleur, dont il tombe immédiatement amoureux.
Pour l’anecdote, le terme « biguine » tire son nom des religieuses les « béguines », un mot créole servant à désigner les femmes blanches.
Séduit par cette esthétique, Cole Porter intègre ce rythme dans le morceau qu’il compose en 1935 pour sa comédie musicale Jubilee, jouée sur la scène prestigieuse de l’Imperial Theatre, à Broadway, dans le quartier de Manhattan à New York, aux États-Unis.
C’est sous la baguette d’Artie Shaw — de son vrai nom Arthur Jacob Arshawsky — que ce titre prend une toute autre dimension.
Né le 23 mai 1910 à New York et décédé le 30 décembre 2004 à Los Angeles, ce virtuose de la clarinette insuffle au morceau une énergie incandescente grâce à des arrangements novateurs et à son jeu virevoltant.
L’histoire lui donnera magistralement raison : contre toute attente, le disque s’envole dans les charts, se classe à la 3ème place des hit-parades américains et s’écoule à plus de 6 millions d’exemplaires, propulsant instantanément Shaw au rang de superstar du jazz.

L’aura de cette mélodie traversera les décennies.
Bien des années plus tard, en 1982, le chanteur Julio Iglesias s’appropriera à son tour ce chef-d’œuvre en interprétant l’adaptation française intitulée Une chanson qui revient, prouvant la longévité exceptionnelle de cette composition née sous le signe du voyage et du swing.




