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Le disque

Fiche technique

Sortie
mai 1980
Référence
CBS ‎– CBS 8676
Parole et musique
Bernie Bonvoisin et Norbert Krief
Enregistrement
en février 1980 aux Scorpio Sound Studios de Londres, en Angleterre
Chant
Bernie Bonvoisin
Guitare
Norbert Krief (qui accompagnera par la suite Johnny Hallyday dans ses tournées)
Basse
Yves Brusco
Batterie
Jean-Émile Hanela
Réalisateur
Dennis Weinreich
Les coulisses de : Antisocial

C’est en 1977 que se forme le groupe Trust avec Bernard (Bernie) Bonvoisin et Norbert Krief. Trois ans plus tôt au Golf-Drouot et un an auparavant, les musiciens connaissent déjà un immense succès avec leur premier opus, L’Élite, vendu à plus d’un million d’exemplaires. C’est à cette époque que Bernie Bonvoisin fait la connaissance de Bon Scott, le chanteur d’AC/DC, dans les studios Pathé de Boulogne. Les deux hommes sympathisent et décident de travailler ensemble sur Répression, au moment même où le groupe australien trouve la consécration avec Highway to Hell. Bon Scott écrit alors huit chansons destinées à être traduites pour Trust.

La légende veut que Bernie Bonvoisin et Norbert Krief aient écrit Antisocial en à peine 5 minutes et l’aient enregistré en seulement 10 minutes, sans imaginer un seul instant le succès à venir. L’avenir leur donnera pourtant tort. Pendant l’enregistrement à Londres, en février 1980, et après avoir mis en boîte Ride on, l’un des titres de l’album, Bon Scott s’en va boire un verre avec Mick Cocks, le guitariste du groupe australien Rose Tattoo, comme il le fait souvent. Les membres de Trust restent quant à eux sur place pour poursuivre les sessions. Ce soir-là, ils ont l’agréable surprise de voir débarquer une délégation de CBS avec Pierre Lescure et Alain Lévy, venus leur remettre leur premier disque d’or. Tout le monde file ensuite fêter l’événement, Bernie Bonvoisin oubliant au passage que Bon Scott lui avait donné rendez-vous plus tard.

À son réveil le lendemain matin, le chanteur de Trust apprend que son ami s’est éteint dans la nuit, ivre mort, étouffé dans son vomi dans une Renault 5. Au moment d’enregistrer la fin de la chanson, en février 1980, il est un peu plus de 21 heures et tous les employés sont partis. Seuls les présidents du label Sony (Alain Lévy et Jean-Jacques Gozlan) ainsi que les représentants et patrons de Sony sont présents dans les locaux. Selon une idée initiale de Bon Scott, et comme il manque des voix, ces derniers acceptent d’être mis à contribution pour répéter Antisocial à tue-tête à la fin du morceau. Lorsque l’enregistrement du disque reprend quinze jours plus tard, Peter Mensch, le manager d’AC/DC, refuse de restituer à Trust les huit chansons de Bon Scott.

À sa sortie, ce 45 tours se vend à plus de 250 000 exemplaires en France. En juin 1980, un mois à peine après la parution de leur deuxième album, Répression, Trust entre dans le Top 10 des meilleures ventes de singles en France avec Antisocial. Ce titre, vendu finalement à près de 300 000 exemplaires, reste classé vingt semaines et figure à la 66e place du Top 100 annuel remporté par Barbra Streisand avec Women in Love. Cette chanson figure sur Répression, le deuxième album studio de Trust sorti en mai 1980, puis le 15 décembre 1980 en version anglaise. Quant à l’album, il s’écoule à plus d’un million d’exemplaires et est certifié disque de platine l’année suivante. La version anglaise est coécrite par Bernie Bonvoisin et Bon Scott, décédé le 19 février 1980.

En 1977, le groupe punk anglais Skrewdriver crie déjà Antisocial, mais à part le refrain, le titre n’a absolument rien à voir avec la chanson de Trust.

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